Avec la fermeture des restaurants, des fournisseurs inquiets pour leur avenir

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Photo d'illustration. L'organisation rassemblant les producteurs de pommes de terre du nord-ouest de l'Europe (NEPG) vient de recommander aux agriculteurs de réduire de 20% les superficies de pommes de terres, qui seront mises en place au printemps. Objectif: éviter une surproduction et une chute des prix.
Photo d'illustration. L'organisation rassemblant les producteurs de pommes de terre du nord-ouest de l'Europe (NEPG) vient de recommander aux agriculteurs de réduire de 20% les superficies de pommes de terres, qui seront mises en place au printemps. Objectif: éviter une surproduction et une chute des prix. (Crédits : Reuters)
"On n'ose pas imaginer la suite". La fermeture prolongée des restaurants cause des difficultés en cascade pour les industries agroalimentaires et les agriculteurs qui les fournissent, avec des stocks qui s'accumulent et des trésoreries qui s'assèchent.

Au premier confinement décrété contre le Covid-19, "tout le monde a tapé dans ses réserves, les entreprises ont attaqué la 2e vague affaiblies", résume Pascal Bredeloux, un des dirigeants du groupe Bonduelle.

"On n'ose pas imaginer la suite", poursuit le porte-parole de l'organisation Adepale qui rassemble 400 entreprises françaises de l'agroalimentaire, certaines très dépendantes des commandes des restaurateurs.

Selon l'exécutif, les restaurants rouvriront, au mieux, le 20 janvier si les conditions sanitaires le permettent.

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Dans le cas contraire, "on rentre dans une catastrophe monumentale", affirme Pascal Bredeloux, évoquant des ventes parfois amputées jusqu'à 90%.

Les quelques commandes des établissements se lançant dans la livraison et la vente à emporter sont loin de compenser. Et il n'est pas toujours possible de rediriger vers les supermarchés les formats prisés par les restaurateurs, comme les conserves de 5 kilos...

Alors l'Adepale demande, "à titre exceptionnel pour une durée d'un an", que les dons alimentaires des entreprises soient entièrement défiscalisés, pour "éviter le stockage, voire la destruction, des produits préparés pour les besoins aujourd'hui disparus de la restauration hors domicile" (RHD).

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Au sein des 2.300 entreprises-coopératives agricoles et agroalimentaires, six entreprises sur 10 accusent des baisses de chiffre d'affaires de plus de 50%, a rapporté lors d'une conférence de presse le président de la Coopération agricole, Dominique Chargé.

"Nous demandons un soutien massif pour un secteur menacé pour sa survie", a-t-il insisté. Les coopératives font face à une "dégradation des fonds propres" et une augmentation de l'endettement qui compromettent selon lui leur capacité à investir, en particulier dans la transition écologique appelée de ses vœux par le gouvernement.

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Incertitude sur les achats

Le "segment RHD" a été "fortement affecté" dans une filière alimentaire "considérée comme relativement épargnée par la crise", constatait mercredi un groupe de travail de l'Assemblée nationale, qui suit les conséquences économiques du confinement.

Alors qu'"un emploi industriel sur six dépend de l'agroalimentaire", les députés s'inquiètent "qu'une entreprise sur deux diffère [ou annule] ses intentions de recrutement, alors que 80% des emplois ont été créés dans leurs PME ces vingt dernières années" et que "10% des entreprises prévoient même de licencier dans les prochains mois", d'après le baromètre de l'Ania, principal lobby agroalimentaire français.

"Certaines entreprises très en difficulté doivent arbitrer entre la préservation de leur trésorerie et l'achat de matières premières pour produire et préparer la saison 2021", notent aussi les députés.

Même si les restaurants repartent, les usines qui débordent sous les stocks risquent en effet de limiter leurs commandes aux agriculteurs. Déjà confrontés, entre autres, au plongeon des ventes des produits traditionnellement consommés au restaurant, comme les canards, cailles et pigeons.

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Des produits courants sont également concernés, comme les frites issues de pommes de terre industrielles.

L'organisation rassemblant les producteurs de pommes de terre du nord-ouest de l'Europe (NEPG) vient de recommander aux agriculteurs de réduire de 20% les superficies de pommes de terres, qui seront mises en place au printemps. Objectif: éviter une surproduction et une chute des prix.

"On a déjà connu des années compliqués mais le problème de cette crise, c'est qu'on ne sait pas quand on reviendra à un mode de consommation relativement normal", relève Jean-Noël Pfaff, à la tête de la coopérative de champagne Covama, qui accuse un chiffre d'affaires en baisse de 20 à 30% sur ses marques.

Ceux qui s'en sortiront devront sans doute composer avec une nouvelle normalité, souligne de son côté Pascal Bredeloux, de Bonduelle, qui pressent des "changements de consommation durables". Notamment avec le télétravail appelé à rester ancré dans le paysage au détriment des cantines et restaurants.

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a écrit le 18/12/2020 à 9:19 :
Ça me rapelle une énième manifestation d'agriculteurs avec énième versement de récoltes sur une énième préfecture ou hotel des impôts, une fois j'ai eu l'occasion d'en gouter sur un tas d'une bonne tonne, c'était des "pêches" je crois bien, on était plusieurs même et on s'est tous dit la même chose: "Ben c'était bon à jetter mais certainement pas à consommer".

Bref produire moins de ces pommes de terres immondes au gout, que l'on ne peut pas cuisiner ,qui brulent quand on les fait en sarladaise, qui sont pleines d'huile quand on les fait en frites ou qui explosent quand on les fait bouillir ben c'est pluôt une excellente initiative, particulièrement surprenant venante de cette activité, bravo à eux ça laisse entrevoir un espoir d'évolution quand même, du NEPG.

"Nous demandons un soutien massif pour un secteur menacé pour sa survie","

"The roof is on fire, we don't need no water..."
a écrit le 17/12/2020 à 20:06 :
Bonduelle ne vendrait plus de boites de petits poids à la grande distribution? C'est de loin le plus gros marché mais aux marges bien moins alléchantes que le secteur de la restauration (cf. volumes)... Si le dirigeant de Bonduelle pleurniche autant cela devient très inquiétant pour les actionnaires de cette prétendue valeur "refuge".
a écrit le 17/12/2020 à 17:03 :
Bof! On s'en fout puisque "Quoi qu'il en coûte", tout le monde va s'en sortir grâce à l'argent magique.
"Quoi qu'il en coûte", cela sous entend, "Vous ne voulez pas de morts, pas de faillite, pas de casse sociale..."pour paraphraser Churchill ( l'Anglais, le vrai de la vraie guerre). Au final vous aurez tout et pour longtemps. "Il" nous a bien dit que nous étions en guerre ? Il faut savoir tirer les conséquences d'une entrée en guerre. Il me semble qu'on est loin du compte en terme de stratégie.
Réponse de le 17/12/2020 à 18:41 :
Ce que beaucoup ne voient pas, ou ne veulent pas voir car le déni est une forme de protection, c'est que Macron a déclaré d'autres guerres qu'au covid : contre son peuple (la principale, mère de toutes les guerres selon Macron), contre toutes les classes moyennes, contre les corps intermédiaires, et singulièrement les syndicats de salariés, contre ses adversaires politiques et, pour finir, contre le terrorisme islamique
a écrit le 17/12/2020 à 16:38 :
Ah bon les restaurateurs faisaient appel à des industriels agro- alimentaires pour nous vendre leur camelote... moi qui croyait au «  fait maison » affiché partout .. cette crise va assainir ce secteur un peu mafieux ... ça fera peut être revenir aussi le consommateur !
Réponse de le 17/12/2020 à 18:48 :
Je suis d'accord avec vous. Les restaurants ne vendent plus que nourriture industrielle - l'arnaque du siecle et lesdits "autorites" l'a fait passer. Je ne vais pas en restaurant non plus. Et la gaspillage de ce secteur est astronomique. Nous ne pouvons pas le supporter non plus ecologiquement. Manque d'accents - clavier britannique.
Réponse de le 18/12/2020 à 7:08 :
à qui faire appel pour les pommes de terre ou les carottes ??? Le fait maison consiste à préparer les produits !!!
a écrit le 17/12/2020 à 15:15 :
"" Les coopératives font face à une "dégradation des fonds propres"""
j'ai un gros souci, la
sachant que par definition une coop n'a pas d'actionnaires voyous, qu'en general personne ne veut mettre sa maison dans la balance pour avoir le meme pouvoir que celui qui ne le fait pas, et que les coop n'ont pas a etre rentables, elles sont en general a zero question fonds propres ( enfin ' pesilon', comme on dit en maths)....
d'ou vient l'etonnement de constater que ce qui est a zero se degrade vers 0?
c'est pour exiger des aides venues de l'exterieur?
que chacun prenne ses responsabilites et prete a la coop en hypothequant sa maison, comme un vulgaire patron actionnaire voyou

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