Quand l'envolée du franc suisse pose problème

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Les détenteurs de crédits en francs suisses, principalement localisés en Europe de l'Est voient leur coût de financement exploser après la flambée de la monnaie helvétique.

L'envolée de plus de 15 % du franc suisse face à l'euro en l'espace d'un an commence à poser quelques problèmes aux détenteurs de crédits libellés dans la monnaie hélvétique. Notamment dans les pays de l'Est. Alors que la devise helvétique a grimpé de près  de 20 % en 2010 face à certaines monnaies comme le florint hongrois, des particuliers ont ainsi vu les mensualités de leurs emprunts en franc suisse doubler en deux ans, les plaçant dans des situations économiques critiques.

De nombreux résidents d'Europe de l'Est ont massivement empruntés en francs suisses à partir de 2004, en raison de conditions de taux d'intérêts favorables. Seul bémol, à l'époque le risque de change a été totalement occulté. Au premier trimestre 2010, la part des prêts en francs par rapport à l'ensemble des crédits au secteur non bancaire s'élevait à 34,3 % en Hongrie, à 20 % en Pologne, à 13,6 % en Autriche et à 13 % en Croatie, selon les données compilées par UBS. D'après la banque, en volume, les Polonais, sont ceux qui ont emprunté le plus avec 53 milliards de francs suisses, suivis de la Hongrie (36 milliards) et de la Croatie (7 milliards), précise la banque zurichoise.

Après plusieurs années de croissance économique, la crise financière a mis à mal ce système à partir de 2007. Une forte dépréciation des monnaies locales et un raffermissement du franc ont rendu la situation très délicate pour nombre d'emprunteurs. Face à l'ampleur du phénomène, les pays concernés ont réagi. L'ensemble des prêts au secteur non bancaire est passé de 117 milliards de francs en 1999 à 389 milliards au troisième trimestre 2008, avant de retomber à 345 milliards au premier trimestre 2010.

En Pologne, où environ 600.000 foyers sont concernés par ces crédits, la Commission de surveillance financière polonaise (KNF) a recommandé à deux reprises en 2010 aux banques de limiter le nombre de crédits en francs. En Hongrie, le gouvernement a instauré un moratoire jusqu'au 15 avril pour empêcher les expulsions de logements de familles ne pouvant plus honorer leurs mensualités. Dès 2008, l'autorité autrichienne des marchés financiers (FMA) avait recommandé de ne plus commercialiser ce type d'emprunts et défini en mars 2010 des standards très stricts pour leur délivrance. Plusieurs banques croates ont quant à elles réduit leurs taux sur ces crédits ou proposés de les convertir en euros.

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