En octobre, l’assurance-vie affiche une décollecte nette de 154 millions d’euros, sur un mois traditionnellement favorable à ce support d’épargne. Depuis janvier, la décollecte cumulée atteint 7,3 milliards d’euros. Des chiffres qui reflètent le contexte exceptionnel de la pandémie mais aussi les politiques commerciales des assureurs et des tendances de long terme, comme le vieillissement de la population.L'assurance-vie affiche son huitième mois de décollecte au compteur. Le mois d'octobre a confirmé la lente décrue du placement favori des Français. Selon les chiffres de la Fédération Française des assurances (FFA), le mois d'octobre se termine sur une décollecte nette de 154 millions d'euros, soit le huitième mois consécutif de décollecte. Cette nouvelle contre-performance est d'autant plus marquante qu'octobre est traditionnellement un bon mois de collecte. Ce qui n'est pas généralement pas le cas des mois de novembre et de décembre.
Depuis le début de l'année, la décollecte nette atteint donc 7,3 milliards d'euros, contre une collecte nette positive de 22 milliards d'euros sur les dix premiers mois de l'année 2019. Soit un écart de près de 30 milliards d'euros ! Dans le détail, les cotisations se sont élevées, sur le mois d'octobre, à 10,9 milliards d'euros, dont 34% sur des unités de compte (UC), contre 26% un an plus tôt, ce qui représente la meilleure collecte brute depuis janvier dernier. Les prestations versées restent relativement stables à 11 milliards d'euros.
La contrainte commerciale
Plusieurs explications sont avancées pour expliquer le recul de l'assurance-vie malgré des taux d'épargne particulièrement élevés : la désorganisation des réseaux de distribution pendant le premier confinement, la préférence des Français pour l'épargne de précaution (au profit du Livret A et des dépôts à vue), alors même que le moral des ménages est au plus bas, la chute des rendements des fonds en euros (les rendements convergent vers 1% contre 3% dix ans auparavant), et, à la marge, un nouvel attrait pour la Bourse.
Les politiques commerciales des assureurs eux-mêmes ne sont pas étrangères à cette désaffection des épargnants : depuis plusieurs années, les assureurs freinent en effet la collecte sur les fonds garantis en euros, qui « consomment » beaucoup de fonds propres en période de baisse des taux, et imposent à leurs clients d'investir désormais 30% des nouveaux flux dans des unités de compte, ce qui peut décourager certains assurés, notamment les plus âgés.