L'assureur AIG va installer une filiale au Luxembourg

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Theresa May, premier ministre britannique, chargée de négocier le Brexit
Theresa May, premier ministre britannique, chargée de négocier le Brexit (Crédits : DARRIN ZAMMIT LUPI)
Basé à Londres pour ces opérations en Europe, l'assureur d'origine américaine craint les conséquences du Brexit, et prend les devants

Le groupe d'assurance d'origine américaine AIG, l'un des premiers groupes d'assurance dans le monde (90 millions de clients)  a annoncé ce mercredi sa volonté de créer une filiale basée au Luxembourg, qui couvrira toutes ses activités en Europe continentale. Cette annonce fait bien évidemment suite au Brexit, qui menace ou en tous cas pourrait gêner les opérations menées depuis Londres, où la filiale Europe d'AIG avait été implantée. Cette filiale, qui gérait jusqu'à maintenant l'ensemble de l'assurance européenne d'AIG,  perdurera, annonce un communiqué, mais ne couvrira plus que les activités au Royaume Uni. A partir de 2019, une autre filiale opérera donc depuis le Luxembourg, pour toute l'Union Européenne et la Suisse.

 Anthony Baldwin, CE d'AIG Europe, souligne que cette décision "permet à AIG d'être bien positionnée quelle que soit la forme que prendra le Brexit". Il veut croire en la résilience du marché britannique, mais veut éviter "toute rupture" dans ses relations avec ses clients d''Europe continentale.

Cette décision s'inscrit donc dans la perspective de mesures conservatoires prises par le monde de la finance implanté à Londres.

Comme le disait Robin Rivaton, dans une interview à La Tribune

Le Brexit aura assurément un impact sur l'industrie financière britannique, même s'il est envisageable que cet impact ne fasse in fine que ralentir la croissance de l'activité à la City. Autrement dit, la place financière londonienne ne va certainement pas s'écrouler avec le Brexit. En revanche, plusieurs problèmes vont se poser pour les institutions financières implantées outre-Manche : d'abord, le retrait du passeport financier européen. Avec le Brexit, les institutions financières londoniennes devront, si elles veulent traiter avec leurs homologues européens, faire les démarches administratives pour obtenir les autorisations. Ensuite, la finance britannique va sortir de la régulation bancaire européenne, ce qui limitera aussi les rapports avec les institutions financières du vieux continent. Enfin, la question des ressources humaines va se poser. Les Britanniques veulent limiter l'immigration, mais une zone franche sera-t-elle créée à Londres pour accueillir les travailleurs étrangers hautement qualifiés dans la finance ? Si c'est le cas, ce ne sera pas facile à assumer face aux électeurs qui ont voté pour le Brexit...

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Commentaires
a écrit le 09/03/2017 à 9:38 :
C'est logique. La France n'est plus un pays attractif (impôts, taxes, etc) ni sécuritaire, comme l'a déclaré M Trump. C'est un pays qui s'islamise à vitesse grand V. Il n'y a qu'à voir ce qui vient de se passer dans un lycée à Seine-Saint Denis.
De plus notre justice laisse apparaître une faille à laquelle je n'aurai jamais imaginé.
Sans faire de politique, ni vouloir innocenter M Fillon, la justice lui tape dessus. Alors qu'il vient de se passer un fait hors norme:
La riche saoudienne Houssa Bent Salmane à Paris, dans son luxueux appartement a fait rosser, séquestré, par un garde du corps à elle, un artisan qui avait photographié l'intérieur de son appartement pour voir où déplacer ses meubles. Celle-ci placée en garde à vue n'y est restée qu'une heure avant d'être relâchée. Elle s'est ensuite envolée vers l’Angleterre. La police doit être écœurée par un telle situation de notre justice à deux vitesses.
a écrit le 09/03/2017 à 9:25 :
Effets contraires ?

L'expertise de Londres est reconnue dans la finance et s'ils perdent leur leadership cela risque de devenir problématique pour le pays entier, vu qu'ils ont tout misé sur l'industrie financière.
Reste à la City la solution de devenir une place off-shore, ce qui devrait durcir les relations avec l'UE et engendrer d'autres problèmes.
Au final, on risque de n'avoir que des perdants dans cette histoire.

Mais que sont ils allés faire dans cette galère ?
Là comme ailleurs c'est le populisme qui prédomine, avec des thèses certes aguichantes dans les slogans, mais en dehors de toute raison économique. Dans ce cas la promesse de reconstruire une industrie... On ne reconstruit pas une industrie en quelques années et même si cela était possible, cela demande des investissements massifs.
Ils sont dépendants à plus de 80 % des importations (déficit commercial de 162 milliards d’euros) et la France en est la première bénéficiaire avec12 Milliards d’excédent commercial. http://www.bsi-economics.org/657-brexit-france-exportssect

Comme quoi, les votes de rejet sont rarement productifs et la fermeture des frontières peut engendrer une fermeture des esprits et vice-versa.

Après le Brexit, il semble logique qu'une partie des activités de la City migrent vers le continent et vers la zone euro. Des études prédisent que 1800 milliards d’euros d’actifs pourraient être rapatriés en UE et 10000 postes déplacés dans le secteur financier (institut Bruegel).
Comme quoi il n'y a pas que des migrants pauvres.
a écrit le 08/03/2017 à 17:29 :
Ils ne veulent vraiment pas partir d’Angleterre les financiers, les anglais n'ont vraiment pas de chance ils sont attachés comme des tiques à ce pays.
a écrit le 08/03/2017 à 17:26 :
Et pourquoi au Luxembourg ma bonne dame ? Pour la fiscalité, non :-)
Réponse de le 08/03/2017 à 20:38 :
Eh bien, oui, et alors ? On n'a pas le droit d'être plus intelligent ?
Réponse de le 08/03/2017 à 23:34 :
@Maduf: rien d'illégal, mais simplement le problème de l'Europe ! Tant qu'il n'y aura pas de règles du jeu communes, il n'y aura pas d'Europe. Et bon, on peut appeler cela de l'intelligence, mais jouer contre son camp (son pays), comme beaucoup le font, n'est pas non plus très moral. La parade est bien entendu d'imposer des taxes fortes à l'import (accès au marché interne d'un pays) pour toutes ces personnes intelligentes, mais comme Bruxelles l'interdit, il ne reste plus qu'à sortir de l'Europe pour pouvoir le faire :-)
Réponse de le 09/03/2017 à 8:29 :
PatrickB : il n'y a pas que la fiscalité, loin de la !!! La fiscalité luxembourgeoise est très élevée sur les revenus, ce qui est très négatif pour les cadres, mais surtout elle est stable !!! Comme l'environnement juridique, et c'est cela le principal atout. Il n'y a pas un risque politique aussi important que MLP ou Hamon, i.e. l'extrémisme, et cela rassure les investisseurs... Voilà, en toute honnêteté, la réalité des choses.

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