L'hallucinante interview du stratège de Lehman, une semaine avant sa faillite

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Une semaine avant la faillite de Lehman Brothers, son stratégiste actions pour le monde, Ian Scott, avait accordé un entretien à La Tribune. Le responsable qui avait accepté de parler des valeurs bancaires américaines, mais pas de Lehman Brothers, anticipait alors un rebond de Wall Street. Car la politique accommodante de la Fed devait soutenir les valeurs financières...

Où va la Bourse américaine ?

L'indice S&P 500 devrait finir l'année à 1.450 points, soit une hausse d'environ 13 % sur son niveau actuel (l'indice perdra en fait 27,2% entre cet entretien et la fin d'année et chutera jusqu'à 676 points en mars 2009, ndlr). Cela effacera l'essentiel du repli de cet été. Nous n'avons pas encore établi de projection formelle pour 2009, mais le rebond du marché américain, qui démarrera d'ici à la fin 2008, devrait se poursuivre.

Le contexte économique prête-t-il à l'optimisme ?

Non, le PIB des États-Unis devrait ralentir puis reculer de 0,5 % au dernier trimestre 2008. Toutefois, un allégement des pressions inflationnistes permettra à la Réserve fédérale d'abaisser son taux directeur de 50 points de base au premier trimestre de 2009, pour le ramener à 1,50 %. En d'autres circonstances, les incertitudes liées à l'élection présidentielle auraient davantage pesé sur Wall Street. Mais pour les opérateurs, seules la situation économique, l'inflation et la réponse qu'ils attendent de la Fed ont de l'importance.

En dehors des taux, quels facteurs justifient-ils votre optimisme ?

La valorisation des actions est plutôt attrayante. Si l'on prend pour référence le consensus des résultats, celui pour 2008 s'établit à 15, bien inférieur à la moyenne historique de 16. Par ailleurs, les investisseurs ont placé énormément d'argent sur le marché monétaire dont une partie devrait retrouver le chemin de la Bourse. Actuellement, ces placements s'élèvent à 3.000 milliards de dollars aux États-Unis, ce qui représente 23 % de la capitalisation des sociétés du S&P 500 ; un montant analogue à celui constaté juste avant le rally de Wall Street en 2002. Enfin, le rythme de la révision à la baisse des résultats des entreprises par les analystes va continuer à décélérer. Actuellement, aux États-Unis, le nombre de révisions à la baisse des résultats est supérieur de 5 % aux révisions à la hausse. En mars, cet écart s'inscrivait à 10 %.

Quelles sont les perspectives des valeurs financières ?

L'essentiel des actifs dépréciés ou susceptibles de l'être a été identifié et les efforts de recapitalisation ont été réalisés ou sont en cours. Le recul de l'inflation et la baisse des taux devraient soutenir les banques américaines. Voilà pourquoi nous conseillons à nos clients de « surpondérer » le secteur des financières, aux côtés de la haute technologie, des biens de consommation cyclique et de la santé.

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Commentaires
a écrit le 08/10/2011 à 16:45 :
Avec des gens aussi clairvoyants, pas surprenant qu'ils aient fait faillite. Qu'est-il devenu ? Toujours en poste dans la finance avec de super bonus je suppose ? Car personne n'est allé en prison malgré les magouilles diverses (repo) auxquelles se livrait Lehman pour tenter de "rassurer les investisseurs" ?
Réponse de le 26/10/2011 à 9:25 :
En effet , ils dirigent des services financiers dans les plus grandes banques du monde...en aucun cas le chômage est une perspective pour eux.
La capacité de mentir ou d'être aveugle se vent très cher.

Regarder le jeu qui se répète en Europe, annonces de presse continue pour tenir le marché en alerte et continuer toujours plus loin le jeu "Dostoevskien".
a écrit le 16/09/2011 à 8:07 :
il avait peut etre un portefeuille de valeurs financieres enorme, et ils comptait le lourder aupres de gogos cupides, et qui auraient lu son interview......... ca ca s'appelle de la manipulation de marche...
a écrit le 16/09/2011 à 7:14 :
Il n'y a plus guère que les journalistes économiques pour prendre au sérieux ce genre d'interwiew dont nous sommes abreuvés chaque jour à France info ou ailleurs. Là aussi, la communication a depuis longtemps remplacé l'information.
a écrit le 15/09/2011 à 18:37 :
"Mais on s'autorise a penser dans les milieux autorisés..."
a écrit le 15/09/2011 à 17:06 :
Nous gagnerons la guerre parce que nous sommes les plus fort ! m. Lebrun , président de la république française en 1939...
Réponse de le 16/09/2011 à 9:35 :
c'est bien la pretention a la francaise
a écrit le 15/09/2011 à 15:25 :
qui devons nous croire au regard de tout ce que l'on entend!
a écrit le 15/09/2011 à 10:14 :
quel stratege !! quel visionnaire !! il n y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir
a écrit le 15/09/2011 à 8:28 :
La culture économique et financière est devenue un bouillon de culture macro-globale d'indices, de benchmark, de volumétrie ...,sans réflexion.
a écrit le 15/09/2011 à 7:58 :
No Comments!!!

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