Arnaud Poissonnier, Babyloan, la plate-forme de micro-prêts

 |   |  315  mots
Arnaud Poissonnier, Babyleon / DR
Arnaud Poissonnier, Babyleon / DR (Crédits : DR)
[PORTRAIT] L’économie sociale et solidaire est la grande révolution copernicienne : même des sociétés anonymes « classiques », respectant les règles de l’économie de marché, cherchent du sens et une utilité sociale dans le qualificatif d’économie sociale et solidaire. Portraits de ces chercheurs de solutions nouvelles qui changent le monde.

Vers l'âge de 11-12 ans, l'idée d'entrer dans les ordres a brièvement effleuré Arnaud Poissonnier. Finalement, après un bac obtenu de justesse, ce fils de bonne famille suit la voie paternelle en devenant notaire.

Crise de l'immobilier oblige, il opte en 1993 pour la gestion de fortune, une expérience « techniquement passionnante, humainement particulière ». Il se rappelle « un rapport étonnant à l'argent » chez ses clients fortunés, à l'opposé de celui qu'il observera quelques années plus tard au sein de l'ONG Acted, qu'il rejoint en 2006 après l'avoir aidée à développer le microcrédit au bénéfice des victimes du tsunami de décembre 2004.

C'est au même moment qu'il observe la naissance de l'américain Kiva, pionnier du financement participatif sous la forme de prêts sans intérêt.

Encouragé par Acted, épaulé par une associée qui a quitté l'aventure depuis et suivi par des actionnaires (ONG, fondations, venture philanthropes…) qui participeront à quatre levées de fonds, il s'en inspire pour créer Babyloan. L'accord ACP, délivré par l'autorité de conformité prudentielle et indispensable à l'exercice de toute activité financière en France, est obtenu en février 2008.

Depuis, Babyloan est devenu la première plate-forme communautaire en Europe et la deuxième dans le monde derrière Kiva, parmi les 25 (sur un total de 800 plates-formes de crowdfunding), qui sont spécialisées dans le microcrédit. En cinq ans, ses 26.000 membres ont prêté 6,4 millions d'euros pour financer des projets dans 16 pays, dont 15 % en France. Issus des commissions versées par les prêteurs (de 5$% en moyenne), des frais d'accès à la plate-forme pour les instituts de microfinance (IMF) et du sponsoring, les revenus ne suffiront pas à équilibrer les charges avant 2016.

La plate-forme devrait alors rassembler 60.000 membres (correspondant à un impact social sur 500.000 personnes). Presque de quoi remplir le Stade de France, le rêve d'Arnaud Poissonnier.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :