L’écart du rendement entre la dette italienne et la dette française est en train de fondre à grande vitesse et pourrait même être insignifiant dans les prochains mois. Un changement de régime majeur alors que le gouvernement français semble incapable d’enrayer les déficits publics.Après le stress sur la dette américaine au printemps, la France va-t-elle à nouveau cet été focaliser l'inquiétude des investisseurs ? La dette publique a encore progressé de plus 40 milliards d'euros en trois mois pour atteindre 3 345 milliards, malgré les efforts du gouvernement pour enrayer la spirale des dépenses. 40 milliards d'euros, c'est peu ou prou le montant des économies introuvables qui devront être présentées après le 14 juillet pour tenter de réduire le déficit à 5,4 % du PIB à 4,6 %. Soit le plus gros effort budgétaire jamais réalisé depuis 2011.
En réalité, à moins de faire des coupes sombres dans les dépenses de santé et les retraites, les finances publiques devraient continuer de se dégrader. Ce qui laisse augurer la poursuite d'un processus de dégradation de la notation de crédit de la France. Le risque d'une nouvelle dégradation de la note en septembre par l'agence de notation Fitch n'est pas exclu. À moyen terme, tant que la France restera le mauvais élève de la zone euro sur les déficits, les agences de notation devraient continuer leur révision à la baisse et faire basculer la note de la France dans la catégorie « simple A ».
Un écart réduit à néant début 2026
Pour les marchés, c'est déjà fait. Les prévisions de spread (écart de taux) sur la dette souveraine européenne montrent d'ailleurs un resserrement général par rapport à la dette allemande, la référence (benchmark) pour la dette sans risque. Les stratégistes de Société générale CIB voient même la quasi-disparition du spread entre la dette française et la dette italienne, à moins de 5 points de base début 2026 ! Tout un symbole, alors que l'Italie, plus endettée que la France a longtemps fait figure d'épouvantail. Rappelons que l'Italie est notée Baa2 par Moody's, un cran au-dessus de la catégorie spéculative (avec une perspective positive) et que la dette italienne pèse 140 % du PIB ! En France, c'est 114 % à la fin mars.