Le coût de la dette française atteint de nouveaux sommets

La hausse du taux d'emprunt de la France est un casse-tête supplémentaire pour le ministre de l'économie, Eric Lombard.
Reuters

La hausse du taux d'emprunt de la France est un casse-tête supplémentaire pour le ministre de l'économie, Eric Lombard.
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C'est un mouvement qui ne va pas simplifier l'équation budgétaire du gouvernement. Le rendement de l'obligation souveraine française à dix ans a touché les 3,40% en matinée ce jeudi 9 janvier, un plus haut depuis 2011, avant de revenir à 3,38%. Le rendement a pris 20 points de base depuis le début d'année. « La charge d'intérêt pèsera bientôt plus lourd que le budget de l'Education nationale », a alerté mercredi soir le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lors de la présentation de ses vœux en présence du nouveau ministre de l'Economie, Eric Lombard.
Plusieurs raisons expliquent cette brusque tension sur les taux français. Tout d'abord, elle s'inscrit dans un mouvement général de remontée des taux longs souverains, dont le principal moteur est la hausse des taux longs américains. En quatre mois, le « dix ans américain » a grimpé de 90 points de base pour s'installer autour de 4,6%, avec le seuil des 5% à portée.
Cette hausse est alimentée à la fois par le programme économique de Donald Trump, jugé inflationniste et par le discours plus hawkish (durcissement monétaire) de la Réserve fédérale américaine (Fed). Dans la foulée, le taux britannique à dix ans s'envole également vers les 5%, à 4,8%, soit à un niveau absolu plus élevé que celui atteint lors de la crise du Gilt en septembre 2022. Pour rappel, elle avait provoqué une intervention de la Banque d'Angleterre et la démission du gouvernement Liz Truss. Cette nouvelle poussée de fièvre devrait contraindre le gouvernement travailliste à mener une politique budgétaire plus stricte à l'avenir.
Autre explication des tensions sur les taux longs ? En zone euro, la Banque centrale européenne a complétement arrêté depuis le 1er janvier d'acheter des obligations sur les marchés financiers, une politique (quantitative easing) qu'elle a progressivement stoppé depuis deux ans. Jusqu'ici, le marché a facilement absorbé l'offre de papier, public ou privé, à la place de la BCE. En revanche, les investisseurs devront avoir suffisamment d'appétit pour acheter les quelque 300 milliards d'euros de dette française en 2025 en plus des autres émissions publiques et privées (près de 1.000 milliards d'euros attendus en 2025).
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Enfin, les atermoiements budgétaires en France, sans parler des pistes évoquées pour revenir en partie sur la réforme des retraites - un cauchemar pour un gérant obligataire - a nouveau creusé la prime de risque de la dette française à 86 points de base. Elle revient ainsi vers ses niveaux les plus hauts de début décembre 2024, bien éloignés des 50 points de base d'avant l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale en juin dernier. Autrement dit, le rendement s'écarte de plus en plus de celui de l'Allemagne et se rapproche de plus en plus de celui de l'Italie.
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