La technique consistant à emprunter des yens à taux faible, dans le but de les échanger en dollars ou en euros pour acheter un grand nombre d'actions américaines ou européennes, a été mise à mal par la remontée subite des taux directeurs japonais. Comment fonctionne cette pratique financière qualifiée de « petite bombe monétaire » par certains ? Et pourquoi a-t-elle en partie provoqué l'effondrement des actions nippones, mais aussi américaines et européennes ? Explications.[Article publié le mardi 6 août à 9h11, mis à jour le jeudi 8 août à 18h05] Vent de panique chez les investisseurs exposés au yen en ce début de semaine. Lundi, l'indice vedette de la Bourse japonaise, le Nikkei 225 a dévissé de 12,4%, pour s'établir à 31.458,42 points. Une chute jamais vue depuis 1987, et ce, alors que l'indice avait déjà perdu 5,8% vendredi dernier. Dans sa dégringolade, l'indice nippon a emporté les Bourses européennes avec -1,42% pour le CAC 40 en clôture et -1,59% pour l'Euro Stoxx 50, mais aussi américaines (-2,24% pour le S&P 500 vers 18 heures et -2,7% pour l'indice technologique Nasdaq). Ce mardi, la Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 10,2%, effaçant une partie de ses pertes de la veille.
Parmi les causes des chutes de cours observées lundi, est notamment citée la mise à mal d'une stratégie de trading très répandue : le « carry trade ». Cette pratique financière consiste à emprunter des yens - à un taux très faible, voire négatif - avant de les échanger contre des dollars ou des euros.
L'objectif ? Acheter un grand nombre d'actions sur les marchés européens et américains, sans avoir à payer les taux d'intérêts en vigueur dans ces zones économiques. Or, cette méthode a provoqué un vent de panique sur les Bourses mondiales lorsque la Banque centrale japonaise (BoJ) a décidé de subitement monter ses taux directeurs la semaine dernière.
Les banques centrales japonaises et américaines surprennent...
Après avoir déjà fait passer ses taux d'intérêt à court terme d'une fourchette de -0,1% et 0% à 0% et 0,1% en mars, la banque centrale japonaise a en effet surpris. Et pour cause, elle a relevé son principal taux directeur mercredi dernier, à 0,25% - un niveau plus vu depuis 2008 -, et en ouvrant la porte à des hausses supplémentaires dans le futur. Une nouvelle qui a fait craindre que l'emprunt en yen devienne soudainement plus cher, alors même que la Réserve fédérale américaine a laissé entendre qu'elle pourrait baisser ses taux directeurs - actuellement entre 5,25% et 5,5% - plus rapidement que prévu.