Le Burkina Faso cherche à réduire les coûts logistiques, améliorer la mobilité intérieure et renforcer son intégration aux réseaux de transport ouest-africains.
Les financements approuvés permettront de réhabiliter et construire plus de 300 km de routes bitumées, d'aménager plus de 200 km de pistes rurales et de renforcer plusieurs corridors régionaux, dont l'axe reliant le Burkina Faso à la Côte d'Ivoire.
Au Burkina Faso, l'Assemblée législative du peuple (ALP), qui sert de Parlement, a ratifié, fin juin, trois accords de prêt d'un montant global supérieur à 450 millions d'euros, destinés au financement de projets d'infrastructures routières. Les ressources serviront à moderniser le réseau national de transport, à renforcer la connectivité avec les pays voisins et à améliorer l'accès aux zones de production, dans le cadre du Plan RELANCE, le référentiel national de développement.
Le premier accord porte sur le Programme d'interconnexion des routes communautaires et de facilitation des transports (PIRCoFaT), qui vise à renforcer les corridors régionaux et à fluidifier le transport des marchandises. Le projet prévoit notamment l'aménagement du corridor Banfora – frontière de la Côte d'Ivoire, un axe stratégique pour les échanges commerciaux du Burkina Faso avec le port d'Abidjan.
Modernisation globale
Le deuxième financement concerne le Projet de réhabilitation des infrastructures de soutien à l'économie (PRISE). Celui-ci prévoit la modernisation de plusieurs axes routiers considérés comme prioritaires pour l'activité économique nationale, notamment les tronçons Ouo - Gaoua, Bousse - Kordié, Garango - Tenkodogo et Nioryida - Manga.
Le troisième accord finance le Projet de bassin d'intégration Sikasso-Korhogo-Bobo-Dioulasso (SKBo). Il comprend le bitumage de la route Banfora-Ouo ainsi que l'aménagement de plusieurs centaines de kilomètres de pistes rurales destinées à désenclaver les bassins agricoles et faciliter l'évacuation de la production.
Selon le ministre des Infrastructures et du Désenclavement, Mikaïlou Sidibé, ces investissements permettront de « moderniser davantage le réseau national d'infrastructures de transport avec un linéaire de plus de 300 km de routes bitumées et plus de 200 km de pistes rurales ainsi que la réhabilitation de la voie ferrée existante ».
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Une priorité pour un pays enclavé
Ces nouveaux financements interviennent alors que le Burkina Faso poursuit ses efforts pour réduire les coûts logistiques, améliorer la mobilité intérieure et renforcer son intégration aux réseaux de transport ouest-africains. Pays enclavé, il dépend essentiellement des corridors routiers reliant les ports d'Abidjan, de Tema, de Lomé et de Cotonou pour son commerce extérieur.
Le déficit d'infrastructures de transport demeure l'un des principaux freins à la compétitivité des économies africaines. Selon un document de la Banque africaine de développement (BAD), dans les pays sans littoral, les coûts de transports représentent en moyenne 45% de la valeur des marchandises à l'importation et 35% pour les produits exportés, contre des moyennes mondiales respectivement de 5,4% et 8,8%.
L'amélioration des corridors routiers constitue ainsi un levier majeur pour accélérer les échanges régionaux, soutenir la croissance agricole et favoriser l'intégration économique dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Avec ces trois projets, les autorités burkinabè misent à la fois sur le désenclavement des zones de production, l'amélioration des échanges avec les pays voisins et le renforcement de la résilience économique dans un contexte où les contraintes sécuritaires continuent de peser sur les infrastructures de transport.