Outre l'adoption de l'accord de Paris portée au crédit de la diplomatie française, l'événement aura servi de caisse de résonance pour les acteurs français. Les banques comme les entreprises n'ont pas manqué cette occasion pour faire connaître leurs engagements et les solutions qu'elles proposent pour contribuer à maintenir la hausse des températures sous la barre des +2°C.De leur côté, tout au long de l'année, les ONG ont profité de ce coup de projecteur pour tenter d'influencer les décisions du gouvernement, le sommant de mettre sa politique climatique intérieure en accord avec son rôle de président de la COP. Elles ont également intensifié leur pression sur les acteurs privés pour les pousser à adopter des stratégies compatibles avec l'objectif des 2°C.
Sur ce plan, elles prennent acte des engagements pris en amont et pendant la COP, notamment sur le front du désinvestissement. Depuis le « Business & Climate Summit » organisé à l'Unesco en mai 2015, toutes les banques françaises ont annoncé leur retrait partiel du charbon, dans des proportions et sur des périmètres variables. Parfois assez anecdotiques, à l'image de la Société générale, qui ne prend en compte que les « pays riches de l'OCDE », soit 4 % du marché mondial, observe Lucie Pinson, des Amis de la Terre... Les deux géants français Engie et EDF, dont l'État français est actionnaire et qui opèrent des centrales à charbon à l'étranger, ont également fait des promesses. « Mais quand Engie sort partiellement du charbon, en cédant ses centrales, cela ne résout strictement rien sur le plan climatique », regrette Malika Peyrault, des Amis de la Terre.
Satisfecit également face aux mesures annoncées en amont de l'événement par Ségolène Royal pour stimuler l'éolien et le solaire français : autorisation unique, prolongation du tarif d'achat dans l'éolien, attribution par appel d'offres de 800 MW de solaire... Quant aux objectifs affichés en novembre dans une présentation partielle de la PPE (24 GW installés en 2018 et de 36 à 43 en 2023), le Réseau Action Climat (RAC) les juge trop timorés pour une France qui reprend quelques couleurs depuis 2014, mais reste en retard sur ses objectifs de 2020. Le SER s'inquiète surtout pour l'éolien offshore posé et les énergies marines, pour lesquels il estime que les objectifs ne suffisent pas à donner une bonne visibilité aux industriels concernés (Alstom/GE, Areva ou DCNS).
Mais c'est le passage au « complément de rémunération » dans le cadre de la directive européenne sur les énergies renouvelables qui occupe les esprits. Paris a soumis à Bruxelles un projet qui doit permettre d'enseigner progressivement les règles du marché à des acteurs des énergies renouvelables jusqu'ici habitués au mécanisme d'obligation d'achat par EDF. L'apprentissage de la commercialisation représente un défi pour les opérateurs de taille moyenne.
Le RAC craint que cette phase transitoire ne déstabilise la filière et ne rende les banques frileuses.
Une période qui doit permettre à la banque d'accompagner les PME et ETI, celles-là mêmes qui créent des emplois.
La PPE complète détaillant chaque source d'énergie, initialement annoncée avant la fin 2015, devrait être présentée au cours du premier trimestre. Avec un point d'interrogation de taille : comment faire passer la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% aujourd'hui à 50% en 2025 ?
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Dans une consommation énergétique globale en baisse, même une part d'électricité accrue à la faveur de transferts d'usages ne suffira probablement pas à y parvenir sans fermeture de réacteurs...
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