Accord trouvé entre Bouygues et l'Etat sur le prix d'Alstom

Un accord est finalement trouvé sur le prix des actions Alstom que l'Etat va acheter à Bouygues. Le conseil d'administration d'Alstom devra se prononcer avant lundi sur l'offre de GE

4 mn

Hollande suspend toute alliance entre Alstom et GE à un accord sur le prix de de cession des actions détenues par Bouygues
Hollande suspend toute alliance entre Alstom et GE à un accord sur le prix de de cession des actions détenues par Bouygues (Crédits : reuters.com)

Même si des questions restent pendantes, la principale source de blocage a été levée ce samedi: l'Etat et Bouygues se sont mis d'accord sur le prix de vente des deux tiers de la participation du spécialiste du BTP dans Alstom (soit 20% du capital de l'énergéticien). Les modalités de cet accord ne sont pas encore connues.

François Hollande avait prévenu ce samedi midi: sans entrée de l'Etat au capital d'Alstom, et donc sans accord avec Bouygues, l'alliance projetée avec General Electric n'aurait pas lieu. Ce préalable étant levé, reste une question principale: Alstom va-t-il accepter les conditions de l'État pour s'allier avec l'américain General Electric?

Qui va trancher et quand?

C'est le conseil d'administration d'Alstom qui doit trancher et dire s'il accepte ou non de rentrer en négociations exclusives avec General Electric (GE). Et le temps presse car l'offre de l'américain expire lundi et son patron Jeff Immelt a déjà prévenu que la date "resterait intacte". Comprendre: il ne prolongera pas son offre.

Le gouvernement français a annoncé vendredi soir préférer l'offre de l'américain GE, à celle déposée par le tandem germano-nippon Siemens/Mitsubishi Heavy Industries et son intention d'entrer au capital d'Alstom à hauteur de 20% afin d'exercer sa "vigilance patriotique", selon les mots du ministre de l'Économie Arnaud Montebourg.

 

Nouvelle réunion du Conseil d'administration d'Alstom

Le Conseil d'administration d'Alstom s'est réuni une première fois vendredi soir, pour étudier ces nouvelles conditions. Mais il s'agissait surtout d'une réunion technique. Les administrateurs vont donc à nouveau se réunir, "vraisemblablement ce samedi ou demain" et donner leur décision finale avant l'ouverture de la Bourse de Paris, lundi à 9H00, où est cotée l'action Alstom.

Un communiqué doit être diffusé dans la journée samedi, a par ailleurs indiqué à l'AFP une source proche, sans préciser si ce dernier serait décisif ou pas.

De son côté, François Hollande a dit compter sur "des avancées d'ici la fin de journée"

Quel prix pour la participation de Bouygues dans Alstom?

L'État et Bouygues avaient eux aussi jusqu'à lundi 9H00 pour s'entendre sur les modalités de rachat des 20% du capital d'Alstom que détient Bouygues.

Et les discussions ne semblaient pas bien enclenchées samedi matin. Mais un accord a été trouvé dans l'après midi, dont les modalités ne sont pas encore connues.

D'un côté Bouygues cherchait à vendre la totalité de sa participation (29,4%), qu'il valorise dans ses comptes 3,07 milliards d'euros, après avoir dû passer une dépréciation de 1,4 milliard d'euros en 2013. Le groupe a payé sa participation relativement cher, selon des analystes. Au plus fort, l'action valait 55 euros en 2010. Contre 28, vendredi à la clôture. Et surtout, il a besoin d'argent, notamment pour relancer Bouygues Telecom. Une source au fait des discussions a indiqué que Bouygues chercherait à vendre sa participation à 35 euros par titre.

1,7 milliard d'euros au prix du marché

De l'autre côté, l'État ne pouvait pas de son côté paraître dispendieux et devait montrer qu'il avait tout fait pour négocier au plus serré avec Bouygues. Il proposait de racheter les actions au prix du marché. Soit un montant de 1,7 milliards d'euros.

Face à des discussions qui s'annonçaient difficiles vendredi, une source proche du dossier se voulait rassurante et "n'imaginait pas une seconde que chacun ne prennent pas ses responsabilités face à cette alliance".

Et François Hollande avait prévenu samedi : "S'il n'y avait pas ces avancées, s'il n'y avait pas cette vente à un prix qui pour le gouvernement soit acceptable alors il y aurait nécessairement à revenir sur l'alliance telle qu'elle vient d'être annoncée" avec l'américain General Electric.

L'anti Florange ?

Dés vendredi, le gouvernement faisait de l'auto-satisfaction dans la gestion de ce dossier.

"Alstom aujourd'hui serait sans conditions dans les mains de General Electric depuis des mois si nous n'étions pas intervenus", se félicitait le Premier ministre Manuel Valls. "Fluidité dans la méthode et résultats, cohérence gouvernementale : l'État a été très professionnel. Ça a été dur mais ça a été une très bonne négociation", assurait même vendredi soir un proche du président de la République.

Ce dossier est présenté comme "l'Anti Florange". Alors ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg avait alors proposé que l'État nationalise le site d'Arcelor-Mittal à Florange, idée que le Premier ministre de l'époque, Jean-Marc Ayrault, avait sèchement balayée.

Cette fois, le ministre, qui a combattu le premier projet d'alliance entre Alstom et GE, soutient avec l'appui du gouvernement et de l'Elysée, la nouvelle offre, améliorée. L'issue des négociations avec Bouygues reste maintenant déterminante pour le gouvernement, qui, coincé entre la crise des intermittents et la grève à la SNCF, aurait bien besoin d'une sortie par le haut.

La Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale vient par ailleurs d'ajouter à son programme l'audition d'Arnaud Montebourg mardi en fin d'après-midi sur "l'avenir d'Alstom".

4 mn

En direct I Forum agri innovation de Bordeaux

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 29
à écrit le 23/06/2014 à 14:28
Signaler
on sait ce qui se passe quand l'état intervient... de plus cela correspond encore une fois à de la dépense publique avec de l’argent qui n’existe pas. Encore de la dette supplémentaire dans un pays qui est déjà en faillite!

à écrit le 22/06/2014 à 9:54
Signaler
Que l'état fasse un référendum pour savoir si les français valident ce genre d'interventionnisme. Il ferait mieux de lancer un plan de redressement de la dette abyssale (2.000 milliard) ou commencer a relancer l'économie avec un plan au lieu de fair...

à écrit le 22/06/2014 à 9:49
Signaler
Les journalistes sont au service de l'été. Regardez les journaux des pays étrangers et vous trouverez de l'information. En France c'est la propagande distillée issue de l'automobile club !!

à écrit le 22/06/2014 à 9:46
Signaler
Enfin le gouvernement fait de la bonne politique industrielle ! en intervenant à bon escient

à écrit le 22/06/2014 à 8:58
Signaler
Que fait la régulation des marchés quand c'est l'état qui magouille ?? Il va falloir attendre encore 5 ou 10 ans de procès pour avoir une réponse ......

à écrit le 22/06/2014 à 8:01
Signaler
cette affaire est devenue un enjeu politique, le côté industriel et financier ne sera connus que dans quelques années. Par contre nous pouvons regretter pour l'Europe mais existe-t-elle que cette affaire n'était pas été discutée entre la Chancelière,...

à écrit le 22/06/2014 à 6:53
Signaler
La France n'a plus d'argent, où le gouvernement ira chercher celui qui est nécessaire pour surpayer les actions ? On sait aujourd’hui que la règle des 3% sera loin d'être tenu, quelle est l'ampleur du mensonge ?

à écrit le 22/06/2014 à 6:23
Signaler
Le présidente Hollande encore un fois fait sur les ordres des américains. Aucune vision d'avenir d'une industrie européenne forte, aucune vision d'avenir pour la France. Quand on est nul on reste nul.

à écrit le 21/06/2014 à 21:21
Signaler
Sauver la face, à tout prix..entre 28 et 35 euros par action donc..a ce prix, je n'achète pas. On va attendre un retour sous 25..de vrais guignols qui veulent spéculer..

le 21/06/2014 à 21:30
Signaler
Pour Peugeot, les 14 pour cent de l'Etat ont pris le double soit près d'un milliard, qui est le guignol !!!

le 22/06/2014 à 8:16
Signaler
Peugeot, perte 2012 5 milliards, perte 2013 2.3 milliards.. On verra bien..

à écrit le 21/06/2014 à 20:32
Signaler
1998 coupe du monde creation arcelor suppression 12000 emplois europe, idem 1014

le 21/06/2014 à 20:40
Signaler
2007 arcelor devient arcelor mittal 23000 postes supprimes en europe, la fusion de ce jour combien d'emploi en moins?

à écrit le 21/06/2014 à 20:09
Signaler
Dirigeants de droite ou de gauche .... c'est la mafia !!!!!!!!!!!!!!!! et Marine idem !

à écrit le 21/06/2014 à 20:04
Signaler
le monde politique (droite et gauche) va payer très cher le copinage entre "amis" .... ! vous me direz dans le cochon tout est bon... aux frais des citoyens !!!!!!!!!!!!!

à écrit le 21/06/2014 à 19:54
Signaler
c'est zarbi c'est accord pour sauver bouygues... magouilles entres amis ???

à écrit le 21/06/2014 à 19:18
Signaler
Commentaires affligeants, tout le monde est spécialiste et sait tout, quoi que fasse le gouvernement, ce sera mauvais... bravo !!!!

le 21/06/2014 à 20:05
Signaler
ben oui toujours mauvais car c'est la triste réalité, chômage, dette, déficit, reculades, couacs, coups de menton de valls sans conséquence, maîtresses d'hollande, etc.....

à écrit le 21/06/2014 à 19:08
Signaler
Scénario d'anticipation: - l'Agence de Participation de l'Etat achète la participation de Bouygue dans Alstom au dessus de sa valeur. - une fois les 3 JV crées on procède au fil du temps à des restructurations ( économies d'échelles ) malgré les ...

le 21/06/2014 à 20:25
Signaler
CQFD

à écrit le 21/06/2014 à 19:05
Signaler
La France, Alstom, est sauvée par le gong socialo ; les membres du gouvernement n'étaient pas très sûrs, pour en persuader le peuple ; trois, cher payer, nous ont affirmé la chose, maître Montebourg nous en parle le premier, il avait dû prendre la pl...

à écrit le 21/06/2014 à 18:22
Signaler
NOUS VOILA ENCORVC LE COPNAGE BOUYGUES MONTEBOURG GOUVERNEMENT QUI VA ENcore trinquer le CONTRIBUABLE

à écrit le 21/06/2014 à 18:10
Signaler
Le résultat on le savait déjà : Obama 1 x 0 Merkel. Hollande aura une entreprise américaine de plus en France et en tant que French-American young leader François Hollande doit se frotter les mains.

à écrit le 21/06/2014 à 17:01
Signaler
L'état à chaque fois qu'il est intervenu dans des affaires privées a provoqué des catastrophes L'interventionnisme de ce gouvernement d'irresponsables va dévaloriser nos entreprises de plusieurs milliards d'euro car les marchés intégreront dorénava...

à écrit le 21/06/2014 à 16:39
Signaler
Notre "socialo" président est un grand amis des américains. Sa "retraite" doit déjà être provisionnée !!! En cadeau 1 scooter neuf et deux actrices peu farouches ... Pauvre France !!!

à écrit le 21/06/2014 à 16:37
Signaler
ET pourquoi les entreprises n'interviendraient elles pas dans la gestion de l'état ? Elles pourraient apprendre aux fonctionnaires et politiciens à gérer un budget et à résorber une dette ! cela serait utile pour tous les français et même les étrange...

le 21/06/2014 à 20:38
Signaler
Mais ça a déjà été fait ça. 1990 Christian Blanc arrive à la RATP. 2013 CA=4.3Milliards / benefs nets= 875 milions Sauf qu'entre 1990 et aujourd'hui le trafic à doublé selon les modes (RER) et pris 30% sur d'autres (Bus) sans aucun renfort d'o...

à écrit le 21/06/2014 à 16:35
Signaler
L'état va continuer à creuser la dette abyssale de la France en intervenant là ou personne ne le lui a demandé. Tout cela pour faire UN COUP. S'il n'y a pas de concurrence c'est que les impôts sont trop lourd, les législations trop contraignantes, le...

à écrit le 21/06/2014 à 15:27
Signaler
Dans une entreprise privéee ? cette action vaut au moins 30 euros.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.