EADS : les marchés pas convaincus par les progrès dans les négociations de l'A400M

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Airbus et les pays européens progressent dans leur tentative de remettre le programme A400M sur les rails, selon Reuters. Mais les marchés semblent très sceptiques face à cette nouvelle.

Les "discussions de la dernière chance" semblent bien engagées pour sauver le programme d'appareil de transport de troupes A400M, selon une source proche du dossier citée par Reuters. Airbus, la principale filiale d'EADS, a jusqu'à juillet pour redéfinir son projet, afin de pouvoir relancer sa production.

Simplifier les spécifications techniques de l'appareil est un des trois objectifs de ces discussions d'urgence entre le groupe européen et plusieurs Etats européens. Selon une source citée par l'agence de presse, c'est sur ce point que les négociations avancent le mieux. Restera ensuite à s'entendre sur le prix de l'appareil -estimé aux alentours de 100 millions d'euros pièce- et sur une nouvelle grille de livraison.

Initialement, les premiers A400M auraient dus être prêts cette année (2009). Mais l'appareil n'a même pas encore effectué son premier vol. EADS affirme désormais qu'il sera en mesure de livrer l'avion trois ans après son vol inaugural? mais aucune date n'a encore été fixée pour celui-ci.

Outre des problèmes de motorisation, l'avionneur estime que les "spécifications nationales" demandées par les pays membres du programme ralentissent nettement son développement. Il souhaiterait donc produire une version "basique" de l'appareil et y ajouter des "personnalisations" complexes dans une seconde phase seulement.

Ces avancées dans les négociations ne semblent pas avoir convaincu les marchés. Le titre EADS a enregistré l'une des plus fortes baisses du CAC, avec une chute de 6,12% à 11,35 euros.

Le groupe a jusqu'à juillet pour trouver une solution. Les acheteurs de l'A400M auraient pu interrompre le programme le 1er avril dernier et demander le remboursement de leurs 5,7 milliards d'euros. A la place, ils ont accepté de déclarer un moratoire jusqu'au début de l'été pour tenir des discussions d'urgence.

 Airbus revoit son objectif de commandes à la baisse
Alors qu'il a déjà réduit de 18 à 14 le nombre d'appareil très gros porteur A380 qu'il prévoit de livrer en 2009, l'avionneur Airbus estime désormais qu'il ne pensait pas atteindre son objectif de 300 à 400 nouvelles commandes cette année. Le groupe s'attend à enregistrer moins de 300 commandes après un démarrage très lent de l'activité en début d'année. Sur les quatre premiers mois de 2009, il n'a enregistré que 30 commandes brutes et 19 annulations, soit 11 commandes nettes. Si l'activité se poursuit sur le même rythme, Airbus ne devrait pas dépasser 100 commandes brutes cette année.
L'objectif n'est plus tant d'augmenter le nombre de nouvelles commandes que de préserver le carnet de commandes actuel. Pour l'instant, le groupe se réjouit: "il n'y a pas eu beaucoup d'annulation", estime le directeur commercial John Leahy, mais plutôt des demandes de report de livraisons. Il estime que, comptes tenus du carnet de 3.500 appareils dont il dispose, Airbus peut se permettre de perdre environ 12% de ses commandes, comme après les attentats du 11 septembre 2001.
Airbus estime pouvoir remplir son objectif de livrer autant d'appareils en 2009 et en 2010 qu'en 2008, soit 483.

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