Du rapport OMC à l'offre des ravitailleurs, le patron d'EADS-Airbus riposte à Boeing

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
"Je crois que la nervosité que manifeste Boeing dans l'affaire de l'OMC et la campagne de propagande née depuis trois ou quatre jours montrent qu'ils craignent que nous ayons une offre compétitive pour les tankers", a souligné Louis Gallois en marge des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.

Le président d'EADS a vivement critiqué l'attitude de Boeing à la suite de la publication des conclusions de l'OMC sur les aides reçues par Airbus ces dernières années et estimé que Bruxelles ferait certainement appel. Louis Gallois a également déclaré que les avances remboursables dont avait bénéficié l'A330 du constructeur aéronautique européen étaient "légales" et qu'EADS présenterait, comme prévu, un projet pour l'appel d'offres des avions ravitailleurs de l'armée de l'air américaine le 8 ou le 9 juillet, sur la base d'un A330 dérivé.

"Je crois que la nervosité que manifeste Boeing dans cette affaire (celle de l'OMC, ndlr) et la campagne de propagande née depuis trois ou quatre jours montrent qu'ils craignent que nous ayons une offre compétitive pour les tankers", a souligné Louis Gallois devant des journalistes, en marge des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

"Ils savent que nous avons un meilleur avion, ils craignent que nous soyons moins chers qu'eux", a-t-il ajouté. La compétition des ravitailleurs revêt un caractère stratégique pour le groupe d'aéronautique et de défense. Le contrat de l'US Air Force est estimé à quelques 50 milliards de dollars (39,8 milliards d'euros) et un succès permettrait à EADS de s'implanter durablement sur le marché américain de la défense, de très loin le premier de la planète.

Face à l'A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport) d'Airbus, Boeing propose un appareil calqué sur le B767 tandis qu'une société américaine, U.S. Aerospace, a créé la surprise vendredi après avoir annoncé son intention de concourir aux côtés du constructeur ukrainien Antonov. Louis Gallois a affirmé qu'EADS comptait remettre son offre "le 8 ou le 9 juillet." "Nous remettrons cette offre avec les partenaires américains dont nous avons besoin, il y a plus de 200 entreprises américaines qui vont travailler pour nous dont certaines pour les équipements sensibles", a-t-il dit.

GUERRE DE COMMUNICATION

Les commentaires de Louis Gallois marquent un nouvel épisode de la guerre de communication à laquelle se livrent Airbus et Boeing depuis ces derniers jours. L'Organisation mondiale du commerce a demandé mercredi à l'Union européenne de mettre fin aux subventions qu'elle accorde à Airbus pour l'assemblage de ses appareils.

Cette prise de position, bien qu'elle n'ait pas d'impact direct sur l'appel d'offres du Pentagone, pourrait néanmoins influencer le débat outre-Atlantique, l'A330 ayant bénéficié d'aides publiques il y a plusieurs années. "Les avances remboursables sont considérées comme un moyen légal mais il peut y avoir d'autres éléments de subvention qu'il faut juger", a plaidé Louis Gallois.

"L'OMC a dit que les avances remboursables de l'A330-200, qui est la base du tanker, étaient légales et ils ont par contre indiqué que sur un certain nombre d'avances, il y avait des éléments de subvention. Eh bien, on va juger de tout cela et il est probable que la Commission européenne fera appel sur ces points", a-t-il poursuivi. Selon lui, les avances remboursables actuellement en cours d'élaboration pour le long courrier A350 XWB, le grand programme d'avenir d'Airbus, sont également conformes aux règles de l'OMC, ce que conteste Boeing et les Etats-Unis.

L'OMC devrait rendre d'autres conclusions le 16 juillet, cette fois au sujet d'une plainte déposée par l'UE contre Boeing. "Ce rapport ne sera pas connu mais un certain nombre de gens vont l'avoir et je serai heureux de savoir ce jour-là si Boeing fera des communiqués de presse aussi victorieux que ceux qu'il a fait à l'occasion du premier rapport (sur Airbus, ndlr)", a noté Louis Gallois.

"Les aides à la recherche, dans la conclusion du panel actuel sont considérées comme illégales et nous savons que l'essentiel du support que reçoit Boeing se fait à travers des aides à la recherche donc on va voir", s'est-il interrogé. Louis Gallois a néanmoins refusé de dire si EADS envisageait de poursuivre Boeing à la suite de ses déclarations.

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