Airbus : le président Tom Enders visé par une enquête en Autriche

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u moment de la signature de ce contrat de 1,8 milliard d'euros, Enders dirigeait la division défense d'EADS (devenu Airbus).
u moment de la signature de ce contrat de 1,8 milliard d'euros, Enders dirigeait la division défense d'EADS (devenu Airbus). (Crédits : REUTERS/Hannah McKay)
L'affaire concerne un contrat passé avec l'Autriche en 2003 pour l'achat d'avions de combat Eurofighter. La justice autrichienne cherche à savoir si des faits de corruption ont cherché à privilégier cet appareil aux dépens des concurrents proposés par Saab et Lockheed Martin.

Le parquet de Vienne a annoncé mercredi qu'il avait ouvert une enquête sur le président exécutif d'Airbus Thomas Enders sur des soupçons d'escroquerie liés à un contrat passé en 2003 avec l'Autriche pour l'achat de 15 avions de combat Eurofighter. La correspondance dont Reuters a pris connaissance cite Enders comme l'une des personnes mises en cause par ces investigations. "Je peux confirmer cela", a déclaré la porte-parole du parquet de Vienne, contactée par Reuters.

Lire aussi : Airbus poursuivi pour corruption en Autriche après la vente d'Eurofighter

Airbus a également confirmé, dans la foulée, que leur président était concerné par l'enquête : "Le procureur de Vienne nous a informé cet après-midi pour la première fois que toutes les personnes figurant sur la liste de l'Austrian Finanzprokuratur (le conseiller juridique de l'Autriche) étaient concernées."

Enders et Airbus contestent

"Tom Enders figure sur cette liste. Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, nous considérons que ces accusations sont totalement infondées", a-t-il ajouté. Aucune surprise donc puisqu'Enders et Airbus, qui s'appelait à l'époque European Aeronautic, Defence and Space Company (EADS), ont toujours démenti la moindre irrégularité.

Car l'affaire n'est pas nouvelle. Les ministères publics autrichien et allemand enquêtent depuis des années pour savoir s'il y a eu des faits de corruption destinés à privilégier l'Eurofighter (Airbus, BAE Systems et Leonardo) aux dépens des concurrents proposés par Saab et Lockheed Martin. Au moment de la signature de ce contrat de 1,8 milliard d'euros, Enders dirigeait la division défense d'EADS.

Écologistes et nationalistes "s'allient" sur l'affaire

L'Autriche avait déjà engagé en février des poursuites contre Airbus et le consortium Eurofighter, pour tromperie et escroquerie présumées sur ce contrat. Les écologistes autrichiens et le Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite) avaient par ailleurs annoncé début mars s'être mis d'accord sur la création d'une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire.

Après l'annonce de l'ouverture de cette enquête, l'action Airbus a néanmoins terminé stable à 74,09 euros en Bourse de Paris, dont l'indice CAC 40 a gagné 0,2%.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 27/04/2017 à 11:56 :
Ha le marché de la vente d'armes est un monde impitoyable auquel tout les coups sont permis pour pouvoir vendre à tout "prix". Quand ce n'est pas la pression politique, on passe par les dessous de table et la corruption des politiques. Toutefois, il est gênant de voir que c'est AIRBUS "civile" qui est aujourd'hui impacté par cette affaire alors que à l'époque c'était la branche militaire de EADS qui a négocié ce contrat.
J'espère que AIRBUS saura se décharger de sa responsabilité car c'est surtout le gouvernement allemand de l'époque qui a un peu "forcé" la main au gouvernement autrichien pour acheter ces avions.

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