Emmanuel Chiva, l'homme qui venait d'ailleurs (normalien), va-t-il gagner son pari de s'imposer naturellement à la tête de la Direction générale de l'armement (DGA), qui le regardait jusqu'ici comme un OVNI ? Il a présenté sa feuille de route à la demande du chef de l'État et des armées Emmanuel Macron pour transformer la DGA pour qu'elle devienne plus réactive pour gérer d'éventuelles crises et conflits à venir d'une nature plus intense et plus dure. Un scénario redevenu crédible au regard d'un contexte géopolitique aujourd'hui extrêmement incertain. « Il ne s'agit pas seulement de s'adapter à l'environnement d'aujourd'hui mais bien de développer une capacité permanente d'adaptation », a estimé mercredi le Délégué général pour l'armement lors de la présentation de ses vœux.
« Le niveau de l'effort demandé à la Nation nous oblige. Il nous oblige à la transformation globale, dans la durée. Le président de la République le mentionnait vendredi en parlant d'une « économie de guerre qui n'est pas une urgence permanente ». Il s'agit d'une transformation durable de notre modèle. Elle concerne la DGA mais aussi notre industrie, à qui il est donné avec cette LPM (loi de programmation militaire, ndlr) une visibilité unique depuis 10 ans, sur les budgets et les programmes », a-t-il indiqué.
Que veut exactement le président de la République ? Lors de son discours de Mont-de-Marsan, Emmanuel Macron a souhaité que la DGA et les armées s'organisent pour « raccourcir les cycles d'acquisition, accélérer l'expression du besoin, réduire drastiquement les contraintes normatives, développer l'innovation d'usage, celle des vrais utilisateurs » (...), « comme nos amis ukrainiens d'ailleurs nous donnent un si bel exemple. Nous pouvons faire beaucoup plus vite, beaucoup mieux, parfois à moindre coût, si nous savons ensemble rapprocher celles et ceux qui utilisent et qui innovent ». A la différence que l'Ukraine est dans l'urgence absolue, la France ne l'est pas. Mais il est vrai qu'il était temps de réfléchir à la simplification de la gestion des programmes d'armements soumis à beaucoup trop de contraintes (normes, spécification, rapidité d'acquisition...)