Comment se défendre de la cybermenace

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Mails infectés envoyés à des employés clés, intrusions sur les systèmes d'information... Indéniablement, les pirates informatiques, ou hackers, font preuve de plus en plus d'imagination et de sophistication. Avec des objectifs qui vont du vol de données commerciales à la subtilisation de savoir-faire technologique en passant par la mise à mal de sites industriels, sans négliger la malveillance voire la mise sur pied d'un attentat.
Quels moyens sont déployés par les aéroports français pour lutter contre ces menaces ? La question est sensible. Tellement sensible que tous ceux qui ont été contactés par nos soins ont préféré botter en touche, de peur de livrer des informations stratégiques...
De son côté, l'Etat a décidé de prendre les choses en main pour éviter toute conséquence dramatique. Sont désormais sous surveillance plusieurs secteurs clés, dont le transport. Plus précisément, 218 opérateurs d'infrastructure vitale (OIV), dont les noms sont bien gardés, œuvrant dans ces secteurs et surveillés par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), branche cybersécurité du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.
La Loi de programmation militaire 2014 - 209 a, en effet, constitué un tournant. Son article 22 a fait de la France « le seul pays qui protège, par la loi, les opérateurs d'importance vitale, en imposant la mise en place des règles de sécurité définies par l'ANSSI, la remontée d'informations de la part des victimes d'attaques afin de donner l'alerte, de voir s'il y a d'autres attaques simultanées et de les aider à y répondre », détaillait Guillaume Poupard, directeur général de l'ANSSI, lors de son audition devant la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat en novembre 2014.
Les contrôles mentionnés par Guillaume Poupart seront réalisés par des prestataires indépendant soigneusement choisis. En cas de crise grave, à charge pour le Premier ministre d'imposer des règles qui s'appliqueront aux OIV.
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Le décret du 25 mars 20215 confère à l'ANSSI ces nouveaux pouvoirs. Une première étape qui va être suivie par d'autres, avec la publication tout au long de l'année d'arrêts fixant les règles de sécurité « à la fois efficaces du point de vue de l'accroissement de la cybersécurité, adaptées aux spécificités des divers métiers et soutenables humainement et financièrement par les opérateurs d'importance vitale », secteur par secteur (approvisionnement en énergie, gestion de l'eau, transports, produits de santé, etc).
Clairement, l'ANSSI aura du travail. Ses effectifs, dont la moyenne d'âge est aujourd'hui de 28 ans, suivront en conséquence, atteignant 700 personnes en 2017.
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Mikaël Lozano
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