Malgré les difficultés du transport aérien, Airbus affiche des résultats financiers très solides

Grâce à l'effet des plans d'économies et d'une hausse des livraisons d'avions, le groupe d'aéronautique et de défense a généré au premier semestre un bénéfice opérationnel de 2,7 milliards d'euros. Il révise à la hausse ses prévisions de livraisons sur l'année, à 600 appareils, mais aussi de bénéfices opérationnels, à 4 milliards d'euros. De son côté, Boeing a dégagé ses premiers bénéfices trimestriels après six trimestres de pertes.

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Airbus fait état d'un bénéfice opérationnel de 2,7 milliards d'euros au premier semestre, en raison d'une forte hausse des livraisons par rapport à l'an dernier.
Airbus fait état d'un bénéfice opérationnel de 2,7 milliards d'euros au premier semestre, en raison d'une forte hausse des livraisons par rapport à l'an dernier. (Crédits : Regis Duvignau)

La crise du transport aérien est loin d'être terminée. Le trafic aérien reste en effet affecté par la diffusion des variants et les restrictions de voyage. En témoignent les chiffres de trafic mondial du mois de juin de l'Association internationale du transport aérien (Iata), en recul de 40% par rapport à 2019. En témoignent aussi les prévisions d'ADP qui ne s'attend pas à retrouver son trafic d'avant crise avant 2027.

Pour autant, les industriels de l'aéronautique commencent à retrouver quelques couleurs sur le plan financier, en raison non seulement des mesures drastiques de réductions de coûts prises depuis le début de la crise mais aussi de la reprise des livraisons d'avions aux compagnies aériennes, qui a généré des recettes supplémentaires. Pour rappel, l'essentiel de la facture d'un avion est payé au moment de la livraison. Le motoriste et équipementier aéronautique Safran a en effet indiqué mercredi percevoir "un début de reprise".

Airbus prévoit un résultat opérationnel de 4 milliards d'euros en 2021

Ce jeudi, Airbus a frappé fort en publiant des résultats solides et des prévisions "musclées". Le groupe a en effet fait état d'un bénéfice opérationnel de 2,7 milliards d'euros au premier semestre, en raison d'une forte hausse des livraisons par rapport à l'an dernier (297 appareils entre janvier et juin contre 196 au cours de la même période 2020), faisant bondir le chiffre d'affaires de 30%, à 24,6 milliards d'euros.

Grâce à ces "solides performances", "nous sommes donc en mesure de relever nos prévisions 2021, en dépit du contexte toujours imprévisible", affirme le président exécutif Guillaume Faury, cité dans un communiqué.

Alors qu'il comptait jusqu'ici livrer autant d'avions cette année que l'an dernier (566 avions), le groupe table désormais sur 600 livraisons. Par conséquent, les prévisions financières ont également été revues à la hausse. Airbus compte également réaliser un bénéfice opérationnel ajusté de 4 milliards d'euros, soit le double de son objectif précédent. Les investisseurs ont apprécié. Le cours de Bourse gagnait plus de 4% dans la matinée.

Boeing enfin bénéficiaire après six trimestres de pertes

De son côté, Boeing commence lui à remonter la pente. Doublement pénalisé par la pandémie et par les déboires rencontrés par plusieurs programmes (le 737 MAX, mais aussi le B787) le groupe est repassé dans le vert au deuxième trimestre après six trimestres de pertes. Le constructeur américain a dégagé un bénéfice net de 587 millions de dollars d'avril à juin, contre une perte de 2,4 milliards de dollars sur la même période de l'année dernière. Son chiffre d'affaires a progressé de 44% pour atteindre 17 milliards de dollars. Des résultats qui ont fait bondir le cours de Bourse de plus de 4% mercredi. Boeing peut en effet à nouveau compter sur les livraisons de 737 MAX, cloué au sol pendant vingt mois suite à deux accidents mortels avant d'être autorisé progressivement à revoler dans le monde depuis fin 2020. Le constructeur en a livré 130 exemplaires. Mais les livraisons de 787 restent toujours à l'arrêt.

Pour autant, la division d'aviation commerciale reste déficitaire. C'est donc toujours la division défense, espace et sécurité qui permet à Boeing de gagner de l'argent. Fort de cette amélioration, la direction a décidé de ne pas supprimer davantage de postes et de rester à environ 140.000 salariés. Pour rappel, le constructeur aéronautique américain avait initialement prévu de faire baisser son effectif total à 130.000 employés fin 2021, contre 160.000 début 2020.

"Début de reprise", constate Safran

Le groupe français Safran a, de son côté, enregistré un bénéfice net de 674 millions d'euros sur les six premiers mois de l'année. Son chiffre d'affaires, ajusté d'effets comptables liés à la couverture de change, s'est établi à 6,9 milliards d'euros, en baisse de 21,6% par rapport au premier semestre 2020. Pour son directeur général Olivier Andriès, "les résultats du premier semestre 2021 restent affectés par les effets de la crise et une base de comparaison défavorable au premier trimestre". "Ils attestent également d'un début de reprise au deuxième trimestre", ajoute-t-il. Safran a en effet noté que les cycles de vols de son moteur le plus récent, le LEAP équipant les Airbus A320neo et Boeing 737 MAX, étaient revenus mi-juillet à leur niveau de 2019 alors qu'ils n'étaient qu'à 56% fin avril. L'utilisation des moteurs CFM56, équipant des avions plus anciens et donc plus gourmands en carburant, progressait également mais restait en retrait de 35% par rapport à 2019.

Tablant sur une "accélération significative de l'activité au second semestre", Safran confirme ses perspectives pour 2021, prévoyant notamment une baisse du chiffre d'affaires ajusté de "2 à 4%", hors effets de changes et de périmètre.

Ces services, très rémunérateurs pour le motoriste, dépendent du trafic aérien: les avions volant davantage, les compagnies ont besoin de plus de pièces de rechange et de services d'entretien. Les activités de propulsion, qui fournissent près de la moitié des revenus du groupe, ont reculé de 19,7% au premier semestre, tout comme la division Equipements aéronautiques, défense et aérosystèmes (-18,3%) et celle des intérieurs d'avion -sièges, cabines, divertissements à bord- (-39,7%). Cette dernière activité a "vraisemblablement atteint son point bas", estime Safran.

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Commentaire 1
à écrit le 31/07/2021 à 10:11
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Moins les avions volent et plus ils gagnent de fric, cherchez l'erreur... bah au moins ça pollue moins c'est déjà ça. Et dis donc effix t'aurais pas une analyse financière à nous sortir sur l'incroyable efficacité de cette entreprise ? :-)

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