Au Puy-en-Velay, l’art du cierge entre transmission et diversification
Emilie Valès
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La Ciergerie Notre Dame de France est une des dernières entreprises familiales à faire vivre ce savoir-faire en France.
DR Christophe Paul
LES DERNIERS BASTIONS DU SAVOIR-FAIRE (6/11) - Au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, la Ciergerie Notre Dame de France maintient le savoir-faire de cirier depuis 1736. L’entreprise approvisionne plus de 4.000 édifices religieux et lieux de culte et a même rapatrié la fabrication de la bougie de neuvaine, qu’elle est la seule à produire dans l’Hexagone.
Au milieu des odeurs de paraffine et d'encens, Liliana perce un à un de longs cierges blancs de dévotion à l'aide de sa machine. Le petit trou formé à la base des bougies leur permettra de tenir sur des piques. À quelques mètres, Jessica tresse, sur de grands cadres métalliques, des mèches de coton qui partiront bientôt pour leur bain de cire. À la Ciergerie Notre Dame de France, on façonne des bougies depuis près de deux siècles. Implantée au Puy-en-Velay, capitale des chemins de Saint-Jacques, la fabrique fournit les églises et sanctuaires de toute la France en cierges liturgiques traditionnels.
Elles ne sont plus que trois ou quatre entreprises de taille nationale dans l'Hexagone à faire perdurer ce savoir-faire de cirier dédié au culte et tourisme religieux. Ici, près de 15% de la production repose encore sur des techniques artisanales anciennes et manuelles. Les gestes sont transmis de génération en génération.
« L'entreprise est dans la famille depuis 1890, mais nous avons retrouvé dans les archives des documents qui attestent de la fabrication de bougies dès 1736 », précise Brendan Leroy, PDG de la Ciergerie Notre Dame de France et représentant de la cinquième génération.
Photo d'illustration (Crédits : DR Christophe Paul)
Christophe réalise le dernier trempage des cierges à la main. Crédits : Christophe Paul.
Dans les 5.500 mètres carrés d'atelier, des machines très récentes côtoient celles mises en service il y a plus de 50 ans. Comme ces trois manèges à cierges, qui permettent de tremper les mèches dans des bacs remplis de paraffine chauffée à 65 degrés. « Il faut entre 25 et 30 trempages pour fabriquer les cierges les plus fins, plus quand il fait chaud comme aujourd'hui. Entre deux tours, la cire refroidit », explique Laure, arrivée en 2007 à la ciergerie. Les plus grosses pièces restent, elles, une journée et demie sur le manège. C'est ensuite Christophe, 28 ans de maison, qui est chargé d'affiner le calibre des bougies. La Ciergerie Notre Dame de France propose une quinzaine de modèles, de 1,5 à 12 centimètres de diamètre.