Alstom confirme ses objectifs malgré l'effondrement des commandes en Europe

L'activité matériel roulant, cœur du groupe, affiche un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros (+5%).
REUTERS - Stephane Mahe

L'activité matériel roulant, cœur du groupe, affiche un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros (+5%).
REUTERS - Stephane Mahe
Alstom traverse toujours une zone de turbulences, mais assure maintenir le cap. Le constructeur ferroviaire a confirmé mercredi ses objectifs financiers pour l’exercice 2026-2027, malgré un premier trimestre marqué par un net recul des prises de commandes, pénalisées par un brutal ralentissement en Europe. Le groupe met en avant une progression de son chiffre d’affaires et promet un vaste plan d’amélioration opérationnelle début 2027 pour tourner la page des difficultés d’exécution qui ont lourdement pesé sur sa valorisation boursière.
Entre avril et juin, les prises de commandes se sont établies à 2,56 milliards d’euros, en baisse de 37 % par rapport aux 4,08 milliards enregistrés un an plus tôt. Cette chute provient essentiellement de l’Europe, où les commandes ont été divisées par plus de trois, passant de 3,47 milliards à 1,07 milliard d’euros.
À l’inverse, l’activité commerciale est restée soutenue dans plusieurs autres régions. Le matériel roulant a enregistré 1,16 milliard d’euros de nouvelles commandes, notamment grâce à un contrat d’environ 800 millions d’euros pour des locomotives dans la zone Afrique-Moyen-Orient-Asie centrale. Les services ont généré 782 millions d’euros de commandes, portés par « une bonne dynamique en Suède et en Inde », tandis que la signalisation a bénéficié de quatre contrats conclus avec les chemins de fer égyptiens pour moderniser deux corridors stratégiques.
Sur le plan opérationnel, le chiffre d’affaires progresse de 5 % (4,8 % en données organiques), à 4,73 milliards d’euros contre 4,51 milliards un an plus tôt. Une performance qui permet au groupe de confirmer ses perspectives financières pour l’ensemble de l’exercice, conformément aux objectifs annoncés en mai.
L’activité matériel roulant, cœur du groupe, affiche un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros (+5 %), reflétant « le maintien d’une activité constante en France, ainsi que le montée en cadence de projets en Allemagne et en Bulgarie ». La production est en revanche légèrement en retrait, avec 940 voitures fabriquées contre 961 un an auparavant.
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Les services poursuivent leur dynamique avec un chiffre d’affaires de 1,18 milliard d’euros, en hausse de 10 %, soutenu par la montée en puissance de plusieurs contrats au Royaume-Uni et aux États-Unis. À l’inverse, les systèmes reculent de 8 %, à 393 millions d’euros, l’achèvement de projets au Mexique et au Brésil n’ayant été que partiellement compensé par le démarrage de nouveaux programmes en Israël et en Côte d’Ivoire.
Ces résultats interviennent dans un contexte toujours délicat pour Alstom. Le groupe avait provoqué un nouveau décrochage de son titre en avril en abaissant ses objectifs de performance, quelques semaines après l’arrivée de Martin Sion à la direction générale, en remplacement d’Henri Poupart-Lafarge. Depuis le début de l’année, l’action a perdu près de 36 % de sa valeur. Elle clôturait mercredi à 16,13 euros, avant la publication de ces résultats trimestriels.
Pour restaurer la confiance, le constructeur promet désormais un changement de méthode. Il rappelle qu’un « plan opérationnel complet » sera présenté « début 2027 » afin de « rétablir une exécution homogène et maîtrisée sur l’ensemble de ses lignes de produits ». Un chantier devenu central pour convaincre les investisseurs que les difficultés qui ont fragilisé le groupe ces derniers mois appartiennent désormais au passé.