Pétrole : le baril de Brent flambe à 100 dollars avec l’extension du conflit en mer Rouge

Un navire dans le détroit d'Ormuz, vu depuis le Musandam (Oman), le 23 juillet 2026.
RR - REUTERS - Stringer

Un navire dans le détroit d'Ormuz, vu depuis le Musandam (Oman), le 23 juillet 2026.
RR - REUTERS - Stringer
L'or noir flambe de nouveau. Le baril de pétrole Brent a atteint les 100 dollars ce jeudi en milieu d'après-midi, le conflit au Moyen-Orient semblant s’étendre en mer Rouge après la revendication par les rebelles houthis du Yémen d’attaques visant des pétroliers saoudiens dans la zone.
Vers 15 h 05 à Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, grimpait de 6,05 % à 99,76 dollars, après avoir brièvement touché les 100 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 5,02 % à 91,19 dollars.
Pour rappel, le seuil symbolique des 100 dollars le baril n’avait plus été atteint depuis la fin du mois de mai. À ce moment-là, les États-Unis et l’Iran avaient communiqué sur la signature imminente d’un accord de paix au Moyen-Orient.
Cette flambée est notamment liée à un conflit qui s'enlise entre Téhéran et Washington, avec des affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet. Une situation qui fait craindre aux marchés un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran.
Ce n'est pas tout : les houthis yéménites, positionnés sur la mer Rouge, ont annoncé ce jeudi un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut. Alliés de l'Iran, les Houthis ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.
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Le risque d'un blocage du détroit de Bab el-Mandeb au large des côtes du Yémen est un facteur de hausse supplémentaire pour le cours du pétrole.
La circulation maritime via la mer Rouge est devenue cruciale pour l'Arabie saoudite, car depuis le début de la guerre le royaume a considérablement augmenté ses exportations d'or noir via le port de Yanbu, sur la côte ouest du pays, pour contourner le blocage iranien du détroit d'Ormuz.
Le volume de pétrole exporté par ce port correspond désormais à 75 % du total des exportations de l'Arabie saoudite en temps normal, indique John Evans de PVM. Ces attaques fragilisent donc l'acheminement de ce pétrole vers l'Asie.
« Le trajet entre Yanbu et la Chine prend un peu plus de 20 jours » en passant au large du Yémen, alors que remonter par le canal de Suez et contourner l’Afrique implique un temps de voyage « de plus de 50 jours », explique l’analyste de PVM.
Donald Trump a réagi en menaçant les rebelles houthis du Yémen et l'Iran d'une « punition militaire majeure » dans une publication sur son réseau Truth Social ce jeudi.
L’Allemagne s'est dite « très inquiète » après ces attaques, revendiquées par les rebelles houthis du Yémen, pro-iraniens, qui « laissent présager une escalade possible » du conflit au Moyen-Orient.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a jugé « alarmante » l’extension du conflit au Moyen-Orient à la mer Rouge. « Nous voyons ça au prix du (baril de pétrole) Brent qui évolue d’heure en heure », a-t-elle dit devant la presse, ce jeudi après-midi.
(Avec AFP)