Philippe Oddo n’en revient toujours pas. La veille, lors d’une soirée à Ulm, dans le Bade-Wurtemberg, où le banquier français est à la rencontre d’une vingtaine de grands industriels allemands, un député du Bundestag lui confie sa carte : « nous avons créé Europa Union, un mouvement transpartisan qui réunit les députés convaincus du projet européen. » Hormis les partis extrêmes, à droite l’AFD (l’alternative pour l’Allemagne) et à gauche Die Linke (la Gauche), des membres de la CDU-CSU (l’Union chrétienne-démocrate et l’Union chrétienne sociale), du SPD (le parti social-démocrate), du FDP (le parti libéral-démocrate) et de Grünen (Les Verts) en sont. Le mouvement fédère une communauté élargie de 17 000 europhiles. « Nous aimerions que vous nous rejoigniez », demande le député. « C’est incroyable, s’émerveille encore le banquier. Ça, c’est l’Allemagne ! »
Dans les salons lambrissés de la banque Oddo BHF, on trouve encore les portraits de Richelieu et de Colbert. Mais depuis que la maison française a amorcé un virage à l’Est, en achetant la banque d’investissement Seydler, le gestionnaire d’actifs Meriten et l’iconique banque privée BHF en 2016, sa devise « faire de chaque jour une opportunité » figure en français et en allemand à l’accueil du siège parisien.