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Entreprises & FinanceAutomobile

Une OPA sur PSA Peugeot-Citroën ? Possible mais peu probable

latribune.fr (avec Reuters)

Publié le 22 juillet 2012 à 14:48 - Mis à jour le 22 juillet 2012 à 14:59

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Le risque d'une OPA sur le groupe PSA Peugeot Citroën, évoqué vendredi par la famille Peugeot, est jugé théoriquement possible mais en fait peu probable, faute de repreneur.

La déclaration a fait sensation. Lorsque Thierry Peugeot, le président du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën a déclaré "possible" une offre publique d'achat sur le groupe dans une interview au Figaro en fin de semaine dernière.

Après l'annonce jeudi d'une restructuration massive en France, l'action du premier constructeur automobile français a chuté de près de 18% en quatre séances, avant de rebondir depuis mercredi. Le titre perd encore près de 40% sur l'année, après une chute de près de 60% en 2011, ramenant la capitalisation boursière à seulement 2,3 milliards d'euros. "Le prix est extrêmement bas pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 60 milliards d'euros, donc dans l'absolu une offre hostile est toujours possible", commente un analyste du secteur sous couvert d'anonymat. D'ailleurs le groupe PSA n'est pas le seul dans cette situation. Plusieurs entreprises figurant dans l'indice Cac 40 sont actuellement très faiblement valorisés en Bourse et pourrait attiser les convoitises de repreneurs éventuels.

Le prix est bas mais il n'y a pas d'acheteur

"Sur le papier, tout est possible, mais dans la pratique, les choses se compliquent. Qui dit OPA dit prédateur, et je n'en vois aucun d'évident dans la situation actuelle du marché automobile", ajoute-t-il. "Et puis si PSA a des actifs intéressants en matière de technologie et de savoir-faire, la production de masse de voitures n'est pas à la portée de tout le monde."

Un candidat à la reprise de PSA pourrait également être intéressé par la dizaine de milliards d'euros de sécurité financière dont dispose toujours le groupe, mais il hériterait aussi en échange d'une entreprise déficitaire, en pleine mutation et engagée dans un bras de fer avec l'Etat français et les syndicats.

Le constructeur a annoncé la semaine passée 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France et la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Il a également prévenu qu'il accuserait une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros au premier semestre dans sa division automobile et qu'il ne retrouverait pas un cash flow opérationnel à l'équilibre avant la fin 2014.

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"PSA est un actif attractif, la capitalisation actuelle signifie qu'une offre hostile est toujours possible, mais avec la situation politique actuelle et le manque de visibilité sur ce que la direction sera en mesure de faire pour ajuster ses capacités, je ne vois pas qui pourrait être intéressé", résume Kristina Church, analyste automobile chez Barclays Capital.

 Un constructeur chinois pourrait-il être candidat à la reprise ?

Tout prédateur se heurterait également à la volonté d'indépendance de la famille Peugeot, fondatrice du groupe et son principal actionnaire avec plus de 25% du capital et plus de 38% des droits de vote. Dans le Figaro, Thierry Peugeot a déclaré que la question d'une nouvelle dilution de la participation de la famille, après celle consentie lors de l'arrivée de General Motors au capital, n'était "pas à l'ordre du jour". "L'actionnariat familial dissuade certainement beaucoup de monde", poursuit Kristina Church. Plusieurs sources ont dit en mars à l'agence Reuters que cette question du contrôle familial avait constitué un obstacle fin 2008 lors de contacts entre PSA et Fiat.

L'histoire mondiale de l'automobile a été marquée par un mouvement permanent de concentration. Au début du 20e siècle, les Etats-Unis comptaient encore près de 300 marques de voitures et la France plusieurs dizaines de constructeurs. Dernières grandes manoeuvres en date lors de la crise de 2008-2009: Fiat a finalement pris le contrôle de Chrysler, Jaguar et Land Rover ont été repris par l'indien Tata, et Volvo et Saab rachetés par des groupes chinois. L'hypothèse chinoise ne manquerait pas de faciliter le développement des marques Peugeot et Citroën en Chine, l'un des piliers de la stratégie d'internationalisation du groupe, mais ferait aussi bondir la classe politique et les salariés en France.

L'Etat laisserait-il faire ?

Quelle que soit la nationalité d'un éventuel prédateur, l'Etat ne resterait pas immobile, bien que PSA soit une entreprise privée, au nom du patriotisme économique comme lors des rumeurs d'OPA de l'américain Pepsi sur Danone il y a quelques années. Même si les avances venaient de GM, au cas où le partenaire américain viendrait à changer d'avis et songerait à monter au-delà des 7% qu'il détient désormais dans PSA. Reste l'hypothèse Renault, dont l'Etat est le principal actionnaire, avec à la clé un projet industriel franco-français et la création d'un nouveau poids lourd hexagonal qui vendrait plus de six millions de véhicules par an dans le monde.

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Mais un tel rapprochement, serpent de mer de l'automobile française, n'est jamais sérieusement évoqué en raison des parcours très différents des deux groupes. Le deuxième constructeur français est par ailleurs déjà fort occupé avec son alliance avec Nissan et Daimler.

latribune.fr (avec Reuters)

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