"Les voitures d'occasion de plus de 15 ans risquent de subir des décotes de 20 à 50%"

 |   |  557  mots
Pour Vincent Hancart, les catégories sociales les moins favorisées risquent de subir de plein fouet l'application des zones à circulation restreintes.
Pour Vincent Hancart, les catégories sociales les moins favorisées risquent de subir de plein fouet l'application des zones à circulation restreintes. (Crédits : DR)
Vincent Hancart dirige la filiale française d'AutoScout24, premier site de vente de voitures d'occasion particulières en Europe. Il publie régulièrement des études sur la tenue du marché et s'est intéressé, ici, aux conséquences de l'arrivée des zones à circulation restreinte en France qui entrent en vigueur le 1er juillet.

LA TRIBUNE - À partir du 1er juillet en France, les municipalités qui le souhaitent pourront adopter des zones de restriction de circulation. Paris souhaite, mais également près de 20 autres agglomérations dans l'Hexagone ont annoncé leur intention d'appliquer ce dispositif qui doit interdire de circulation certaines catégories de véhicules en fonction de l'âge de leur motorisation. D'après une note que vous publiez, vous estimez que ces mesures auront un impact significatif sur le marché de l'occasion.

VINCENT HANCART - Nous avons retenu plusieurs scénarios. Le premier : il ne se passe rien. Les gens adaptent leurs habitudes de mobilités, continuent à circuler mais abandonnent leur véhicule avant d'entrer dans l'agglomération, Paris par exemple. Deuxième scénario, ce dispositif est l'occasion pour les propriétaires de changer de véhicule. Sauf qu'ils auront le plus grand mal à s'en débarrasser sans en passer par une forte décote, voire la casse.

Sur ces modèles de plus de 20 ans, la moyenne de prix est de 4.000 euros. Nous estimons que la décote pourrait atteindre 20 à 30% du prix initial. Le dernier scénario, c'est que les véhicules ne trouvent pas preneurs en France, ce qui les conduiraient vers des circuits d'exportations, mais là, la décote peut atteindre 50%.

Vous avez estimé l'ampleur du phénomène...

Le marché des achats de voitures de plus de 20 ans est de 250.000 par an en France. Si l'offre grimpe de 50.000 à 60.000 par an, le marché ne pourra pas l'absorber, c'est très clair. D'une manière plus large, la part du parc automobile français potentiellement concernée est de 10% du parc roulant. Et pour être tout à fait rationnel, les acheteurs ne vont pas céder une voiture de plus de 20 ans pour en acheter une de 18 ans et se retrouver dans la même situation dans deux ans. Par conséquent, on peut estimer que tous les véhicules de plus de 15 ans, soit 16% d'un parc de 38 millions de voitures, est concerné par le risque de forte décote. C'est un phénomène majeur qui risque de fortement impacter le marché.

Faut-il imaginer, à l'inverse, que le marché des voitures plus récentes pourrait voir les prix remonter, en accueillant une demande plus forte ?

C'est possible. D'autant que cette catégorie de voiture doit déjà gérer un problème d'approvisionnement qui s'explique par la chute des ventes de voitures neuves dans les années 2008 à 2010 suite à la crise économique.

Le procès en inégalités sociales dont est accusé ce dispositif est-il légitime d'après vous ?

Il y a un sujet. Évidemment, il peut s'agir du deuxième véhicule d'un ménage aisé qui choisirait alors de ne pas le remplacer. Mais globalement, on peut imaginer que ce ne sont pas les plus riches qui sont concernés par des voitures de plus de vingt ans. Il faut bien voir que les propriétaires de ces voitures accuseront une forte décote, quand le véhicule ne part pas à la casse, et qu'ils n'auront aucune compensation. De plus, ils doivent se déporter sur une catégorie de voiture beaucoup plus chère, et qui sera encore plus cher encore compte tenu du fait que la demande va grossir pour une offre plus restreinte. C'est la double peine pour eux.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/07/2016 à 11:00 :
J ai arrêté l article quand j ai lu que la moyenne de prix des véhicules de plus de 20 ans est de 4000€...n importe quoi
Réponse de le 27/06/2018 à 10:55 :
Bonjour, je suis parfaitement d'accord. J'ai eu la même réaction. Complétement en dehors de la réalité. 4000 euros pour une voiture de + de 20ans mis a part pour les marques de prestige ou voiture mythique, moi qui suis dans le secteur automobile je n'est jamais vu sa!!! Article totalement inintéressant. Dommage car la situation elle es intéressante.
a écrit le 02/07/2016 à 8:22 :
Encore un coup des bobos gauchos-verdoillants du microcosme parisien qui ne se déplacent qu'en taxi.

Que Julie Andrieu se rassure, elle pourra toujours sillonner la France avec sa pétroleuse. Faut pas abuser quand même, pas touche aux voitures de collection de plus de 20 ans et aux petits-plats de ces mêmes bobos.

Les sans-dents pourront se mettre au vélo s'ils veulent squatter la ville. Ils n'ont rien à y faire car ils n'ont pas d'argent à dépenser chez Hermès, Cartier et toute la clique.

Au fait, c'est quand la Révolution populaire ?
a écrit le 01/07/2016 à 22:23 :
Le problème n'est pas le prix de vente de la voiture ancienne mais celui d'achat de la nouvelle. Que la vieille clio 1 parte à 1500e ou 0 dans un cas extrême, cela fait 1500e de différentiel. Mais la fragile et inconfortable clio 5 qui la remplacera tant bien que mal exigera, elle, de sortir entre 10000 et 15000 de sa poche.
D'autre part, on oublie souvent de parler de la catégorie du véhicule de remplacement. L'espace 2 diesel increvable et efficace d'une famille modeste vaut 3000e en excellent état et ne coûte rien à l'entretien, de nombreuses opérations pouvant être menées par un papa bricoleur. L'équivalent neuf vaut 40000e et faire changer une ampoule dessus est facturé 1000e...
a écrit le 01/07/2016 à 16:21 :
Les voitures de plus de 15 ans ont largement plus de 50 % de décotes voyons, faut quand meme pas réver non plus ! Peut etre faudrait il créer une prime pour la reprise d'ancien véhicules et pour l'achat d'un petits véhicules essences peu polluant de moins de 100 g co2/km type Dacia ou autres peu cher mais aux normes euro6 !
a écrit le 01/07/2016 à 15:54 :
Et si nous interdisions nos bois et forêts aux voitures des parisiens qui viennent polluer nos espaces verts. Banlieue, banlieue cela ne vient-il pas de ban, bannir....non ?
a écrit le 01/07/2016 à 14:43 :
"Les voitures d'occasion de plus de 15 ans risquent de subir des décotes de 20 à 50%"

cette affirmation est d'une très profonde stupidité,

une voiture de plus de 15 ans ca vaut une misère, dont -50% de pas une misère ca reste la misère.

Des articles d'une telle vacuité, La Tribune pourrait s'en passer, ca fait mauvaise impression
a écrit le 01/07/2016 à 14:10 :
Le problème est plus l'inégalité ainsi créé. Encore une fois ce sont les petits qui trinquent. Ca ne va pas aider...il me semble que certains cherchent vraiment une révolution populaire.
Ce peuple, autrefois hardi, va- t-il enfin prendre le taureau par les cornes?
a écrit le 01/07/2016 à 11:51 :
4000 € en moyenne pour une voiture de 20 ans ?
Je suppose que la moyenne est tiree a la hausse par les voitures de collection et les modeles sport/luxe. Acheter une clio de 20 ans a ce prix, c est vraiment etre fou...
Comme les vieux tacots ne valent plus grand chose, une decote de 50 % ne cahngera rien ! 20% de 0 =0
Réponse de le 01/07/2016 à 15:36 :
Pas forcément : une Clio Williams vaut bien plus de 4000€ ;-)
a écrit le 01/07/2016 à 11:36 :
C'est de l'infommercial. Ce gars encourage les propriétaires de vieux véhicules à les vendre sur son portail, par crainte d'une décôte hypothétique. Plus le marché est liquide, plus il engraisse, alors une aubaine pareille il faut en profiter. Ca devient pathétique La Tribune...
Réponse de le 01/07/2016 à 13:28 :
Un article ne peut vous poser des problèmes que si vous vous sentez obligé de suivre tous les "conseils" que vous lisez...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :