Sept États du nord-est des États-Unis ont saisi la justice fédérale pour faire annuler l’accord conclu entre TotalEnergies et l’administration Trump, qui prévoit l’abandon de projets éoliens offshore.
L’accord conclu au printemps entre TotalEnergies et l’administration Trump suscite une vive contestation politique et judiciaire aux États-Unis. Une coalition de sept États démocrates, menée par l’État de New York, a déposé mardi un recours devant la justice fédérale afin d’obtenir son annulation.
Au cœur du litige figure un compromis signé fin mars entre le groupe énergétique français et le gouvernement américain. Celui-ci prévoit que l’État fédéral indemnise TotalEnergies à hauteur de près d’un milliard de dollars en contrepartie de l’abandon de deux projets d’éoliennes en mer au large de la côte Atlantique américaine.
En échange, le groupe dirigé par Patrick Pouyanné s’est engagé à réinvestir un montant équivalent dans des activités énergétiques dites « conventionnelles » aux États-Unis, notamment dans le pétrole et le gaz. Selon les documents consultés par l’AFP, les investissements devront être réalisés entre le 18 novembre 2025 et la fin septembre 2026. TotalEnergies a déjà annoncé consacrer près d’un milliard de dollars à une usine de gaz naturel liquéfié au Texas ainsi qu’à des projets de forage pétrolier et gazier.
Un accord contesté
Les États plaignants – New York, New Jersey, Connecticut, Maine, Massachusetts, Rhode Island et Vermont – estiment que cet accord est « manifestement illégal ». Dans leur plainte déposée devant la cour fédérale de Washington, ils accusent l’administration Trump d’avoir contourné les procédures administratives et détourné un fonds public normalement destiné aux règlements judiciaires alors qu’aucun contentieux n’opposait le gouvernement à TotalEnergies.
La procureure générale de l’État de New York, Letitia James, dénonce ainsi un dispositif conçu pour favoriser les énergies fossiles. « Après avoir essuyé plusieurs défaites devant les tribunaux, ce gouvernement a concocté un accord bidon visant à verser à une entreprise énergétique étrangère des centaines de millions de dollars provenant des contribuables pour qu’elle abandonne l’éolien en mer et investisse plutôt dans le pétrole et le gaz », affirme-t-elle.
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La gouverneure de New York, Kathy Hochul, fustige pour sa part un « détournement scandaleux de l’argent des contribuables qui nous empêche de couvrir nos besoins énergétiques, de créer des emplois de qualité et de contribuer à garantir l’indépendance énergétique américaine tout en réduisant les émissions ».
Un symbole du virage énergétique
L’accord s’inscrit dans la politique énergétique défendue par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Le président américain, connu pour son scepticisme à l’égard des politiques climatiques et son hostilité aux éoliennes, a entrepris de freiner le développement de l’éolien offshore tout en favorisant l’exploitation des hydrocarbures.
Le projet concerné, baptisé Attentive Energy, devait être développé au large de New York et de la Caroline du Nord. Selon les États plaignants, il aurait permis d’alimenter en électricité environ 1,3 million de foyers à New York et dans le New Jersey.
TotalEnergies avait obtenu les concessions en 2022 pour un montant de 928 millions de dollars versés sous forme de redevances. Après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle de 2024, le groupe avait toutefois décidé de suspendre le développement de ces projets.
En mars, Patrick Pouyanné avait défendu son choix de négocier avec l’exécutif américain plutôt que de l’attaquer en justice, comme l’ont fait d’autres énergéticiens européens, notamment Ørsted et Equinor. Le dirigeant avait alors expliqué avoir privilégié une approche « pragmatique ».