Mitsubishi : un constructeur automobile malade mais prêt à rebondir

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Nissan est entré à hauteur de 34% dans le capital de Mitsubishi, sauvant ainsi la marque japonaise du désastre au lendemain d'un scandale sur des données falsifiées sur les émissions de carburant.
Nissan est entré à hauteur de 34% dans le capital de Mitsubishi, sauvant ainsi la marque japonaise du désastre au lendemain d'un scandale sur des données falsifiées sur les émissions de carburant. (Crédits : Reuters)
Les résultats semestriels du constructeur automobile japonais ont basculé dans le rouge vif en raison de l'impact du scandale des données de consommations de carburant falsifiées. Les ventes du groupe marquent également le pas. Mais Mitsubishi est à la veille d'une grande offensive commerciale avec le lancement d'une nouvelle génération de SUV, pour l'Europe notamment, mais également de nouveaux produits pour l'Asie du Sud-Est.

Le rachat de Mitsubishi terminé, place au redressement de l'entreprise ! Plus que jamais, ce sera le mot d'ordre que Carlos Ghosn, le nouveau président du conseil de surveillance, imposera au constructeur automobile japonais. Mitsubishi Motors vient effectivement d'annoncer des résultats semestriels très mauvais.

Un groupe restructuré

Le chiffre d'affaires a chuté de 19% à 7,5 milliards d'euros. Le groupe est également passé dans le rouge avec une perte de nette de 1,8 milliard d'euros, contre un bénéfice net de 452 millions un an auparavant. Les comptes du groupe ont été lourdement impactés par les effets du scandale de falsification des données de consommation de carburant de certains modèles. Le groupe a ainsi dû provisionner près de 1,4 milliard d'euros de charges exceptionnelles pour régler ce scandale. Seule l'exploitation ne semble pas si catastrophique avec une perte de 275 millions d'euros seulement. C'est le point fort de Mitsubishi. Ce petit constructeur s'est longuement restructuré depuis les années 2000 au point de dégager une marge de plus de 6%, soit une performance très supérieure aux constructeurs automobiles généralistes.

Mais des ventes en baisse...

Il n'empêche : le groupe affichait une exploitation de 509 millions d'euros un an auparavant. La situation s'est donc fortement dégradée et pas seulement en raison d'une immense provision financière : les ventes s'effondrent également. Avec 436.000 voitures vendues au premier semestre, les celles-ci ont reculé de 85.000 unités par rapport à la même période en 2015. C'est au Japon que la chute a été la plus violente avec une baisse de 37% des immatriculations. Le groupe espère terminer l'exercice annuel (mars 2017) sur une baisse limitée de 11%.

Chez Mitsubishi on reconnait que les ventes au Japon ont pâti du scandale sur les consommations de carburant. Mais selon un porte-parole de la marque, l'impact de ce scandale a été circonscrit au seul marché japonais "qui ne représente que 10% des ventes mondiales". "En Europe, aux Etats-Unis et en Australie, nous devrions afficher des ventes quasi-stable par rapport à l'an passé, ou alors en léger retrait, parce que nous avons rencontré de gros problèmes d'approvisionnement de l'ASX qui est produit au Japon", explique à La Tribune, un porte-parole du groupe.

...en attendant une nouvelle génération de SUV

Et le groupe se veut optimiste pour l'avenir avec le lancement d'une nouvelle génération de SUV dont le premier opus sera présenté en mars prochain à Genève. Pas moins de trois SUV seront lancés en trois ans. L'actuel ASX sera scindé en deux modèles, un plus grand et un plus petit que l'actuel afin d'étendre la couverture du segment. L'Outlander sera également renouvelé. L'avenir du Pajero, le grand 4X4 pur et dur, 12 fois champion du Dakar, est en suspens car si sa réputation est le porte-drapeau de la marque dans le monde, ses ventes se révèlent insuffisantes. En Asie du Sud-Est, Mitsubishi lancera en plus une berline compacte, un monospace et un pick-up.

Pour accompagner ces projets de croissance, Mitsubishi compte sur l'ouverture de deux nouveaux sites industriels dont un aux Philippines (inauguration prévue en janvier de cette usine rachetée à Ford), et une autre en Indonésie, prévu courant 2017.

Une alliance pour rassurer

Mitsubishi veut poursuivre sa stratégie de montée en gamme enclenchée en 2013 avec l'Outlander PHEV. L'entrée dans l'Alliance doit permettre à la marque japonaise de conforter cette stratégie grâce à des échanges de savoir-faire mais également dans les approvisionnements avec les fournisseurs. Mitsubishi restera une entité indépendante puisque Nissan n'est actionnaire que de 34% du capital, soit moins que les 44% que Renault possède chez Nissan. A court terme, il se pourrait que l'Alliance permette surtout de stopper la dégringolade de l'action qui a été divisée par deux en un an...

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Commentaires
a écrit le 02/11/2016 à 19:34 :
Une bonne purge financière afin de se débarrasser de tout cet argent parasite et ça devrait repartir, les meilleurs constructeurs de voiture au monde étant les japonais.
a écrit le 02/11/2016 à 18:38 :
Heureusement que ce constructeur est la veille d'une grande "offensive" commerciale car pour avoir essayer cette marque, je dois dire que c'est pire que Renault: des voitures moches au look agressif inutile. Et l'intérieur fait "plastoc". Lorsque l'on déclare faire de la qualité il faut que cela se voit....
Réponse de le 05/11/2016 à 9:11 :
@Delahaut
Ne pas confondre qualité perçue et qualité au global.
Nos perceptions européennes de plastique moussé ne sont pas aussi importantes au Japon ou aux US.
Modèles Mitsubishi inadaptés au marché européen, peut-être, mais ça reste un groupe que fait de bonnes voitures sur les autres continents.
a écrit le 02/11/2016 à 13:51 :
Avec la prise de contrôle de Mitsubishi les dirigeants de Renault ne font que empiler des doublons inutiles insipides sans rentabilité dans les gammes produits de l'alliance

Avec la prise de contrôle de Mitsubishi un foyer de pertes de plus, les dirigeants de Renault ne font que amonceler les foyers de pertes les uns sur les autres ... 2 milliards de pertes de Mitsubishi qui se cumulent avec les 2 milliards de pertes de Avotvaz et les vrais pertes récurrentes de Dacia,

l'avenir de Renault est aux bourrasques ....

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