Pneu: comment Pirelli a sauvé sa peau en se transformant en marque premium
Nabil Bourassi, à Milan
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Photo d'illustration
Stefano Rellandini
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Après l'heure, ce n'est plus l'heure... Le groupe Pirelli a fêté en janvier ses 150 ans dans une relative discrétion. Un opéra, un visio avec les collaborateurs et des clients... Le célèbre fabricant italien de pneus assure que le contexte sanitaire l'avait contraint à adopter un format très restreint. Pas question d'étaler les festivités sur l'ensemble de l'année, d'organiser des points d'étape pour célébrer un siècle et demi d'histoire industrielle et d'innovation. Une fête et puis c'est tout!
Pourtant, Pirelli a plein d'histoires à raconter... Notamment celle qui lui a permis de devenir l'un des leaders mondial du pneu premium. Ce n'était pas chose évidente lors de la fondation de ce groupe en 1872 par Giovanni Battista Pirelli. Cet ingénieur va d'abord miser sur la fourniture de câbles pour l'éclairage public qui s'électrifie peu à peu, mais également de câbles sous-marins et du télégraphe et qui nécessitent entre autres, du caoutchouc pour l'enveloppe. D'ailleurs, cette activité devenue Prysmian (29.000 salariés et 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires) existe toujours et a été vendue en 2005.
En 1890, l'entreprise entre dans l'univers du pneumatique notamment pour les vélos. C'est en 1901 que Pirelli invente son premier pneu pour automobiles. Depuis, le pneumaticien milanais s'étend dans le monde entier, et devient un symbole du capitalisme italien: une ETI ancrée dans son fief italien, mâtinée de paternalisme familial qui, de crainte de perdre le contrôle, ne parviendra jamais à devenir une immense multinationale. En outre, Pirelli est devenu un véritable conglomérat disposant d'actifs aussi divers et variés (jouets, vêtements avec K-Way et le sportwear avec Superga...).
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Mais cette belle histoire connaît un brutal coup d'arrêt en 1991 avec l'échec catastrophique de la prise de contrôle de Continental, le célèbre pneumaticien allemand. L'OPA hostile lancée en septembre 1990 par Léopoldo Pirelli, petit-fils du fondateur, n'a pas abouti... Ni sa version négociée en rachat amical. L'échec de cette OPA va coûter une fortune à Pirelli qui doit indemniser les partenaires de cette opération. En outre, les comptes d'exploitation sont dans le rouge. Pirelli n'a pas le choix... Il doit tailler à la hache et cède pour 1.000 milliards de lires d'actifs dont K-Way, Superga et un fabricant d'anti-vibrateurs pour automobile. Pirelli est également contraint d'aller chercher des capitaux sur les marchés avec une augmentation de capital de 526 milliards de lires.
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