Un cartel automobile allemand aurait sévi depuis les années 1990

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Le cartel aurait encadré les émissions de polluants, mais également la taille du réservoir d'Adblue.
Le cartel aurait encadré les émissions de polluants, mais également la taille du réservoir d'Adblue. (Crédits : MAL Langsdon)
D'après Der Spiegel, les plus grands groupes automobiles allemands se seraient concertés notamment sur la réduction des émissions polluantes mais également sur les coûts, les sous-traitants et les marchés. Selon le journal allemand, Volkswagen et Daimler se seraient dénoncés auprès de l'Office allemand anti-cartels. L'information n'a été confirmée par aucun des protagonistes cités.

Les constructeurs automobiles allemands Volkswagen, Audi, Porsche, BMW et Daimler auraient formé un cartel depuis les années 1990, se concertant notamment sur la réduction des émissions polluantes des voitures diesel, affirme vendredi le magazine allemand Der Spiegel.

"L'industrie automobile allemande s'est concertée depuis les années 1990 dans des groupes de travail secrets sur la technique utilisée dans les voitures, les coûts, les sous-traitants, les marchés, les stratégies et aussi sur la diminution des émissions polluantes de leurs véhicules diesel", écrit-il.

Le Spiegel dit tirer cette information "d'un document écrit que le groupe Volkswagen a adressé aux autorités de la concurrence" en juillet 2016, comme "une sorte d'auto-dénonciation". Daimler aussi se serait dénoncé, affirme l'hebdomadaire.

Une instruction sur l'achat d'acier confirmée

Selon le courrier cité par le Spiegel, à la fois Volkswagen, Audi et Porsche, mais aussi BMW et Daimler auraient participé à ces réunions. Volkswagen évoquerait "un soupçon" selon lequel, ces rencontres auraient à "des comportements enfreignant le droit de la concurrence".

Contacté par l'AFP, le groupe Volkswagen (marques Volkswagen, Audi et Porsche) n'a fait aucun commentaire, de même que Daimler, fabricant des Mercedes-Benz, et BMW.

Dans une réponse écrite, un porte-parole de l'Office allemand anti-cartels a pour sa part indiqué qu'il ne donnait "par principe pas d'informations sur les procédures en cours".

Il a toutefois rappelé un fait connu: en juin 2016, l'autorité allemande de la concurrence a conduit des perquisitions dans six entreprises en Allemagne soupçonnées d'entente sur les prix d'achat de l'acier.

Des perquisitions ont été conduites

Interrogés à l'époque par l'AFP, Volkswagen, BMW et Daimler ainsi que Bosch, plus grand équipementier automobile mondial, avaient admis avoir été perquisitionnés. "La présomption d'innocence prévaut" jusqu'à la fin des investigations, a également souligné l'Office anti-cartels.

Le vaste cartel évoqué par l'article du Spiegel dépasse ce soupçon d'entente sur les prix de l'acier. Le magazine rapporte en effet que quelque soixante groupes de travail, ayant rassemblé plus de 200 salariés, se seraient penchés sur tous les domaines du développement de la voiture, les moteurs diesel et essence, les freins, l'embrayage et la transmission et auraient discuté du choix des sous-traitants et des prix.

La taille du réservoir d'Adblue aurait été décidée en commun

Depuis 2006, les constructeurs se seraient rencontrés de nombreuses fois pour déterminer la taille des réservoirs d'Adblue, un additif qui permet de réduire les émissions polluantes d'oxyde d'azote. De gros réservoirs se révélant plus chers, les groupes auraient opté de concert pour de petits réservoirs, ne contenant pas assez de liquide pour réduire de manière suffisante les gaz polluants émis.

En 2015 a été découvert un vaste trucage de Volkswagen pour faire paraître moins polluants qu'en réalité onze millions de véhicules diesel. Depuis, plusieurs constructeurs sont soupçonnés d'avoir joué avec les règles pour que les émissions polluantes ne soient pas réduites en permanence.

A la Bourse de Francfort en début d'après-midi, les valeurs automobiles perdaient des plumes, dans un indice vedette Dax (-1,52%) déprimé par l'euro fort. Daimler chutait de 2,79% à 62,15 euros, BMW de 2,84% à 81 euros, l'équipementier Continental abandonnait 3,29% à 191,25 euros et Volkswagen était lanterne rouge (-4,06% à 137,15 euros).

(Avec AFP)

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a écrit le 22/07/2017 à 9:09 :
Et l'Allemagne comme les Pays-Bas où sévit le cartel des entreprises de dragage qui ont tout essayé pour torpiller le projet de développement de port 2000 du Havre doivent être bien classés dans les enquêtes de corruption !
a écrit le 21/07/2017 à 21:41 :
Le nationalisme économique est un devoir en Allemagne. Les industriels ont des solidarités qui dépassent largement la coopération mais visent à la domination de tout le secteur visés.
Un autre exemple frappant est Here. Le cartel BMW Daimer Audi a racheter de concert l' activité cartographie de Nokia. A ce niveau de collaboration on peut penser que d 'autres activités sont menées en étroite collaboration.
Si les industriels français était aussi patriotes notre industrie serait beaucoup plus forte et défendraient mieux ses marchés.
Réponse de le 22/07/2017 à 9:08 :
Tout-à-fait d'accord.
Réponse de le 22/07/2017 à 9:10 :
Tout à fait d'accord avec vous
Réponse de le 22/07/2017 à 13:12 :
pour avoir travaillé de nombreuses années en Allemagne, je ne peux que confirmer ce que vous dîtes, les allemands achètent en priorité allemand, que ce soit les entreprises ou les simples particuliers leur logique est la même. A nous français de faire la même chose en achetant prioritairement des produits français pour soutenir notre économie.
Réponse de le 22/07/2017 à 19:17 :
@Arf
"...en achetant prioritairement des produits français pour soutenir notre économie. "... plutôt en taxant les produits Allemands qui bénéficient d'un Euro taillé pour eux, , d'une main d'oeuvre à l'Est bon marché, et qui de plus vendent des produits non-conformes , tout en nous "vaccinant" au "Deutsch Quälitat".
a écrit le 21/07/2017 à 21:24 :
Comme d'habitude, Mme Merkel les tancera en public, puis défendra leurs intérêts avec acharnement. Sauf qu'entre les scandales de corruption d'équipementiers, de représentants du personnel ou d'administration, ceux des votes pour le volant d'or truqués, de la presse auto choyée pour dire toujours du bien des modèles allemands même quand ils sont peu réussis, le Diesel gate, etc., les dégâts faits sur les concurrents et les emplois de pays soi-disant amis de l'Allemagne ont été terribles. Il y a un moment où les "partenaires" de Mme Merkel doivent lui demander des comptes. L'industrie allemande a déjà un système de parités fixes pour se protéger, ça suffit !
Réponse de le 21/07/2017 à 22:34 :
Parité fixe, non, l' euro est par contre taillé sur mesure pour l' Allemagne et lui va comme un gant car sous-évalué d' environ 15 % alors que sur-évalué de 6 % environ pour la France. Voir le spécialiste en la matière Vincent Brousseau ex cadre à haut niveau à la BCE aujourd' hui à l' Upr et qui prône le Frexit.

La France n' a pas le choix en restant dans l' Ue, elle va trépasser, comme tous les autres qui ne sont pas l' Allemagne.
http://www.objectifeco.com/economie/politiques-economiques/europe/vincent-brousseau-ex-economiste-de-la-bce-dit-non-a-l-euro.html
https://www.upr.fr/actualite/pourquoi-leuro-est-condamne
a écrit le 21/07/2017 à 19:11 :
C'est la démonstration que la libre concurrence n'existe pas. C'est trop facile de manipuler les marchés avec un aveuglement complaisant des institutions. A qui vont profiter les amendes ? Le "prix du marché" n'est qu'une utopie au bénéfices des initiés...
a écrit le 21/07/2017 à 19:05 :
Si les faits sont avérés, la commission de la concurrence de l' UE doit sanctionner et indemniser les groupes Européens qui ont été pénalisés...
Réponse de le 22/07/2017 à 13:47 :
Avec une UE à la botte des allemands, tu veux qu'elle fasse quoi? Ils ont vendu des millions de bagnoles avec un programme de triche et ils ont eu quoi comme pénalité???
a écrit le 21/07/2017 à 18:40 :
Ah elle est belle la deutsche Qalität , plus jamais de logiciel Bosch chez moi ...!
Réponse de le 22/07/2017 à 12:45 :
Va falloir se préparer à prendre la bicyclette ou marcher à pied.....Il n'y a pas énormément d'alternative en matière automobile à Bosch en matière de contrôle moteur. Les japonais peut être? A moins que vous n'écriviez vous même votre logiciel.....
Réponse de le 22/07/2017 à 20:29 :
@Zusse: Valeo a une division contrôle moteur.
a écrit le 21/07/2017 à 18:10 :
c'est tout simplement la vision
de mme Merkel a l'egard de l'europe
tous pour l'allemagne en premier
et les autres les restes
et ceci approuve par sarko et hollande
qui ont avalle les couleuvres
sans jamais proteste
regarder bien l'industrie de toute l'europe
a écrit le 21/07/2017 à 18:08 :
mais puisqu'on vous dit que c'est LE modèle économique à suivre aveuglément!!!

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