Davos : les labos promettent d'aider les pays pauvres... sans baisser les prix

 |   |  457  mots
Les maladies non transmissibles, comme les maladies cardiovasculaires, le cancer, les maladies respiratoires chroniques ou les troubles mentaux, tuent chaque année 38 millions de personnes. Près de 75% de ces décès, souvent prématurés, se produisent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire.
Les maladies non transmissibles, comme les maladies cardiovasculaires, le cancer, les maladies respiratoires chroniques ou les troubles mentaux, tuent chaque année 38 millions de personnes. Près de 75% de ces décès, souvent prématurés, se produisent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire. (Crédits : Reuters)
Les plus grands labos pharmaceutiques ont annoncé s'associer pour aider les pays à revenus faibles ou intermédiaires à réduire les décès prématurés dans le monde liés aux maladies non transmissibles. En étudiant les besoins médicaux et en aidant au développement d'infrastructures, notamment.

Novartis, Roche, Sanofi, Pfizer, Merck and Co, Johnson and Johnson... Les poids lourds de l'industrie pharmaceutique ont annoncé mercredi 18 janvier à Davos une coordination de leurs actions respectives de prévention et de traitement des maladies non transmissibles, comme le cancer et les maladies cardiovasculaires, dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Ils vont par ailleurs allouer une enveloppe de 50 millions de dollars à la Banque mondiale et l'Union internationale contre le cancer (UICC), partenaires de cette initiative.

"On cherche à investir intelligemment pour identifier des solutions qui après pourront être transposées à plus grande échelle", a expliqué Olivier Brandicourt, directeur général de Sanofi, à l'AFP. Le but à terme est d'atteindre l'objectif des Nations-Unies de réduire d'un tiers d'ici 2030 le nombre de décès prématurés dans le monde liées aux maladies non transmissibles, a-t-il encore souligné.

Les maladies non transmissibles, comme les maladies cardiovasculaires, le cancer, les maladies respiratoires chroniques ou les troubles mentaux, tuent chaque année 38 millions de personnes. Près de 75% de ces décès, souvent prématurés, se produisent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Développement des infrastructures et de la présence commerciale

Baptisée "Access Accelerated" (accès accéléré), l'initiative des labos pharmaceutiques vise d'abord à analyser les diverses barrières d'accès à la prévention, au traitement et aux soins des maladies non transmissibles, avec le soutien d'experts indépendants de l'Université de Boston pour mesurer l'efficacité des programmes existants des laboratoires en la matière, en vue de les améliorer.

D'ici trois ans, soit la durée initiale d'Access Accelerated, "l'industrie et ses partenaires auront suffisamment d'indicateurs pour mettre en place des projets non plus pilotes, mais en collaboration avec des gouvernements", des fondations et d'autres acteurs, a déclaré Olivier Brandicourt.

Comme le rapporte le Financial Times, les laboratoires pharmaceutiques comptent accroître leur présence commerciale dans ces pays, mais également développer les infrastructures, notamment des laboratoires pour détecter et traiter les cancers.

Les labos critiqués sur l'accès aux médicaments

Mais aucune promesse n'a été faite sur une baisse des prix des traitements vendus dans les pays émergents ou à faibles revenus. Selon des propos rapportés par le Financial Times, Severin Schwan, patron de Roche, explique que "la question du prix des médicaments n'est pas comprise dans le projet", et que "les sociétés fixeront leur propre prix".

Malgré quelques initiatives des laboratoires, l'ONG Oxfam déplorait en 2015 le manque d'effort de l'industrie pharmaceutique pour rendre accessibles les prix de certains médicaments, dont les anticancéreux, et prônait la multiplication des génériques.

(J-Y.P avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/01/2017 à 21:43 :
Il faudrait que plus de pays adopent l'approche de Pharmac (https://www.pharmac.govt.nz/) pour réduire les abus des pahrmaceutiques !!!
a écrit le 18/01/2017 à 19:23 :
Cynisme endémique à notre système économique néolibéral, on ne l'a pas voulu et pourtant on a pas d'autres choix que de se le coltiner.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :