Le président de Mylan a touché 97,6 millions de dollars en 2016

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Mylan justifie les revenus de Robert Coury, membre du conseil d'administration du laboratoire depuis 2002, par les fortes performances du laboratoire.
Mylan justifie les revenus de Robert Coury, membre du conseil d'administration du laboratoire depuis 2002, par "les fortes performances du laboratoire". (Crédits : Reuters)
Robert Coury, président non exécutif du laboratoire pharmaceutique américain, a notamment perçu 50 millions de dollars d'actions et 20 millions de dollars de bonus. Mylan justifie sa rémunération par le développement à vitesse grand V du groupe lorsqu'il le dirigeait.

Le laboratoire Mylan a dévoilé le 1er mai un rapport qui pourrait faire grand bruit outre-Atlantique. On y découvre que Robert Coury, son président non exécutif, a touché une rémunération de 97,6 millions de dollars en 2016. Dans le détail, il a perçu un salaire de 1,627 million de dollars, auquel s'ajoutent 20 millions de dollars de bonus, 50,8 millions de dollars d'actions attribuées pour le récompenser des performances de la société, 1,485 millions de dollars de stock options, une somme de 947.398 euros octroyée pour son passage au poste de président en 2016, et 22,7 millions de dollars classés dans la catégorie "autres rémunérations". Le directeur général Heather Bresch a touché quand à lui "seulement" 13,77 millions en 2016.

La rémunération faramineuse de Robert Coury risque de faire débat aux États-Unis, d'autant plus que Mylan est dans le collimateur des autorités américaines après avoir multiplié par six le prix de l'EpiPen, un traitement contre les chocs allergiques graves, et ce en quelques années. En outre, le laboratoire est accusé d'avoir introduit des clauses potentiellement anticoncurrentielles dans les contrats de ventes de ce produit.

Le patron de Pfizer a perçu moins d'un cinquième de la rémunération de Coury

La rémunération de Robert Coury peut paraître disproportionnée par rapport à la taille du laboratoire, qui ne figure pas parmi le top 20 au niveau du chiffre d'affaires. Les sommes perçues par les dirigeants des plus grand laboratoires en 2016 (du moins qui l'ont dévoilé publiquement à ce jour) sont largement inférieures celles du président de Mylan.

Pour exemple, Ian read, le patron du laboratoire américain Pfizer et personne la mieux payée par la société qui fait partie du top 3 du secteur, a touché 17,3 millions de dollars en 2016.

Mylan a doublé son chiffre d'affaires par rapport à 2010

Mylan justifie les revenus de Robert Coury, membre du conseil d'administration du laboratoire depuis 2002, par "les fortes performances du laboratoire" lorsqu'il occupait une fonction exécutive. Il "a transformé le numéro 3 des génériques aux Etats-Unis en l'un des plus grand laboratoires du monde", assure Mylan dans le document (p.4). Il a notamment conduit pour 25 milliards de dollars de transactions depuis 2007.

Le chiffre d'affaires du groupe a crû de 18% en 2016, et atteint 11,,08 milliards de dollars, alors qu'en 2010, le laboratoire générait deux fois moins de revenus. Le bénéfice net est passé de 2,8 milliards de dollars en 2015 à 3 milliards de dollars en 2016.

C'est une croissance particulièrement élevée pour un laboratoire pharmaceutique, mais pas une première. Le chiffre d'affaires de Gilead, grâce aux nouveaux traitements contre l'hépatite C, a grimpé de 31% à 32,151 milliards de dollars en 2015, et ses bénéfices ont augmenté de 49% à 18,1 milliards de dollars. Pourtant, John Martin, le patron de la société avait touché 18,8 millions de dollars cette année-là.

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Commentaires
a écrit le 03/05/2017 à 20:34 :
Et pendant ce temps les régimes de santé creusent les déficits, quel pourrait en être le rapport ?
a écrit le 03/05/2017 à 17:49 :
Vous comprenez maintenant toute la publicité faite sur les radios des différents groupes des milliardaires !!!!!
a écrit le 03/05/2017 à 12:57 :
C'est le problème du capitalisme, système le plus efficace mais le plus injuste et le plus inégalitaire.
Réponse de le 09/05/2017 à 14:23 :
normalement qui dit capitalisme, dit concurrence. Sans concurrence,il y a monopole, et s'il y a monopole, l'Etat devrait reprendre la main. CQFD, on comprend pourquoi bcp de choses dysfonctionnent aujourd'hui.

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