Lauréats de l’Appel à Manifestation d’Intérêt lancé par le gouvernement pour convertir la centrale à charbon de Cordemais à la biomasse, le groupe Paprec spécialiste du recyclage et de la valorisation des déchets, et l’énergéticien EDF s’attèlent à la co-construction d’une première française : produire des granulés de bois pour alimenter la centrale électrique. Une innovation que le groupe Paprec espère dupliquer ailleurs en France et en Europe… de l’Est où les productions d’énergie à charbon pullulent.C'est un projet aux enjeux multiples. A la fois écologique, technique, administratif et financier qui se dessine dans la Basse-Loire. « Pour EDF, c'est un transfert de savoir-faire, la mise à disposition d'un brevet et de foncier mais le chef de file de l'opération, c'est le groupe Paprec », résume Michel Durand, directeur de la centrale thermique EDF de Cordemais. Mise en service en 1970, elle est l'une des deux dernières centrales à charbon en activité en France. Vouée à une fermeture annoncée pour 2022, elle tient son salut ... à la crise énergétique et à l'expérimentation Ecocombust menée dès 2016 pour remplacer le charbon, son combustible, par des blacks pellets - des granulés- conçus à partir de bois de récupération. Un combustible neutre en CO2. De quoi respirer... jusqu'à ce que Suez (Veolia), partenaire de l'opération, jette l'éponge. Dès lors, faute de réunir les conditions garantissant un prix attractif des pellets, EDF abandonne le projet en juillet 2021. Au grand dam des salariés et du syndicat CGT qui ne l'entendent pas de cette oreille et vont inciter et convaincre EDF de trouver un nouvel industriel.
200 à 400 millions d'euros d'investissement
Les discussions reprennent en janvier 2022 entre l'énergeticien et le Ministère de de la transition écologique. Un mois plus tard, ce dernier lance un appel à manifestation d'intérêt pour le développement « d'usines de granulés de biomasse traités thermiquement prioritairement issus de déchets de bois». Fin 2022, le projet défendu par le groupe Paprec, spécialiste du recyclage et la valorisation des déchets, et EDF est validé par le Ministère et l'Ademe. « Sans EDF, nous n'y serions pas allés », reconnaît Stéphane Leterrier, vice-président du groupe Paprec, en charge de département Paprec Energies, né il y a un an et demi. « Tout n'est pas réglé, loin de là. Nous avons encore beaucoup d'obstacles techniques, légaux, administratifs et financiers devant nous, mais l'un comme l'autre, avons la volonté d'avancer», affirme-t-il, chiffrant ce projet entre 200 et 400 millions d'euros. Un investissement où l'industriel espère décrocher 20% à 40% de financements publics, dont la région des Pays de la Loire qui se serait dite favorable au projet.