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Climat

Pourquoi les conditions climatiques extrêmes sont devenues la nouvelle « norme » en Europe

Photo de Mathieu Viviani

Mathieu Viviani

Publié le 10 juin 2026 à 10:04

D’après Copernicus, le niveau de température du mois de mai 2026 se classe deuxième, après le record de chaleur de mai 2024.

D’après Copernicus, le niveau de température du mois de mai 2026 se classe deuxième, après le record de chaleur de mai 2024.

REUTERS - Charles Platiau

Le Quotidien Numérique

25 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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D’après les scientifiques, le continent européen est celui qui se réchauffe le plus dans le monde, à cause du changement climatique. Derrière, des vagues de chaleur plus intenses et fréquentes, comme celle que la France a connu au mois de mai. Voici pourquoi ce changement est devenu la nouvelle « norme » selon l’institut Copernicus.

Les phénomènes extrêmes deviennent « la norme ». C’est ce qui ressort du dernier rapport publié ce mercredi matin par l’observatoire climatique européen Copernicus.

Témoin de cette réalité, le mois de mai 2026 a connu des chaleurs caniculaires. L’institut souligne des situations « particulièrement difficiles » en France, au Royaume-Uni, en Irlande et au Portugal.

Inhabituel

« En Europe, une vague de chaleur inhabituellement précoce et intense montre à quelle vitesse les phénomènes climatiques extrêmes sont en train de devenir la norme plutôt que l’exception », résume Samantha Burgess, climatologue de Copernicus, citée dans un communiqué.

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Elle précise : « Bien que remarquable, ce phénomène s’inscrit dans le cadre du réchauffement rapide de l’Europe et de la tendance à long terme à des vagues de chaleur plus fréquentes, plus intenses et survenant plus tôt dans la saison. »

Deuxième mois de mai le plus chaud

À l’échelle mondiale, le mois de mai 2026 reste toutefois derrière mai 2024 en matière de températures, détaille Copernicus. Terres et mers confondues, la température moyenne a été de 15,81 °C, soit 1,42 °C au-dessus des valeurs estimées pour la période préindustrielle (1850-1900), montre l’étude.

Le climat a été mis sous pression par des températures « exceptionnellement élevées » de l’eau dans le Pacifique tropical. Pendant ce temps, le Pacifique équatorial « poursuit sa transition vers des conditions El Niño, attendues dans les mois à venir », explique Copernicus.

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Pour certaines régions, cela se traduit par des sécheresses, comme en Indonésie. D’autres, comme le Pérou, devront se préparer à des pluies diluviennes. Le dernier épisode date de 2023-2024. Sa survenance est probable à 80 % entre juin et août, a alerté début juin l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

L’Europe, continent qui se réchauffe le plus

Pour rappel, plusieurs études ont montré que l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite au monde, sous l’effet de multiples facteurs. Le premier provient de changements de circulation atmosphérique, avec des anticyclones plus fréquents qu’auparavant. Couplé au changement climatique, le phénomène favorise des canicules plus fréquentes et intenses en Europe, en particulier l’été.

Une autre raison est liée à la géographie du Vieux Continent, qui possède une superficie importante de « masse terrestre ». Ses sols bruns stockent davantage de chaleur que les océans. En outre, l’Europe est proche de la banquise arctique, dans l’extrême nord du globe. Selon les scientifiques, celle-ci se réchauffe beaucoup plus vite que le reste de la planète, avec une température 3,2 °C plus chaude qu’à l’époque préindustrielle, selon les relevés de Copernicus.

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Cela entraîne une fonte plus rapide de la glace et un affaiblissement de l’effet d’albédo, par lequel la neige et la glace renvoient une partie de la chaleur du soleil. Le problème est le même dans les massifs montagneux européens, où la neige est moins abondante et recule sur les sommets.

Enfin, un autre facteur plus inattendu explique la hausse rapide des températures en Europe : les normes antipollution plus strictes. D’un côté, celles-ci ont permis une réduction des émissions d’aérosols dans l’atmosphère. D’un autre côté, cela favorise un réchauffement mondial. En effet, ces petites particules en suspension dans l’air avaient un effet refroidissant en reflétant la lumière du soleil et en augmentant la capacité des nuages à la réfléchir.

Les investissements climat fléchissent en Europe

Pour atténuer les effets du changement climatique, et s’adapter, l’Union européenne investit de plus en plus d’argent dans ses politiques climatiques. Mais selon une étude récente de l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), en 2025 seulement 61 % des besoins financiers annuels pour y arriver sont couverts.
Alors que l’UE devrait investir 878 milliards d’euros par an dans cette politique, l’enveloppe de l’année dernière n’a été que de 534 milliards d’euros. Une situation qui reflète « un manque général de planification à long terme des investissements », pointe ce rapport. Et de rappeler qu’en 2022, « les décideurs publics, les entreprises et les citoyens avaient choisi d’investir davantage dans la transition énergétique ».

Mathieu Viviani

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