Gaz : en pleine crise énergétique, une grève en Norvège menace de bloquer 60% des exportations
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Une plateforme off-shore au large de la Norvège.
Bo B. Randulff, Roar LIndefjeld / Statoil
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Une plateforme off-shore au large de la Norvège.
Bo B. Randulff, Roar LIndefjeld / Statoil
C'est un mouvement social malvenu pour la Norvège et ses acheteurs européens de gaz, en pleine tension sur les marchés de l'énergie. Après l'échec de négociations salariales, le puissant syndicat norvégien Lederne a entamé mardi une grève dans l'industrie gazière qui pourrait aboutir au blocage de 60% des exportations à destination de l'Europe. Les géants de l'énergie, notamment fossile, établissent des profits record grâce à une flambée de la demande et des prix du gaz et du pétrole.
En pleine guerre en Ukraine, la Norvège est devenue pour l'Europe la principale alternative de l'Europe pour se fournir en gaz alors que les livraisons de gaz russe s'amenuisent fortement.
« Une extension de la grève, qui entrerait en vigueur samedi, serait très dommageable et grave tant pour l'Europe que pour la Norvège », s'inquiète l'organisation patronale locale du pétrole et du gaz. « Les exportations norvégiennes représentent un quart de l'énergie européenne, et l'Europe dépend entièrement des livraisons norvégiennes au moment où les coupures d'approvisionnement russes ont rendu le marché très tendu pour le gaz ».
La grève qui démarre ce mardi implique déjà l'arrêt de trois petits champs pétroliers et gaziers en mer du Nord. Pour l'heure, seules 1% des exportations gazières sont touchées. En cas d'extension de la grève mercredi, quatre gisements cesseraient leur production. La part des exportations norvégiennes bloquées monterait à 13%. Enfin, si le mouvement atteignait les gisements de Gullfaks A et C et Sleipner, 56% des livraisons de gaz norvégiennes seraient suspendues dès samedi.
Le pays scandinave, deuxième fournisseur de gaz naturel à l'Europe, fait tout pour augmenter ses capacités de production et de livraisons de gaz vers l'Europe, qui lui réclame d'augmenter la cadence pour reconstituer ses stocks et compenser la perte annoncée du gaz russe. Jusqu'à ce mouvement de grève, la Norvège indiquait être au maximum de ses capacités d'extraction et d'exportations vers l'Union européenne.
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Les employeurs de l'énergie ont proposé lundi une augmentation de 1% du salaire national de base des salariés de l'électricité et du gaz. Cette proposition, complétée en cas de signature par une prime défiscalisée d'un montant minimum de 400 euros, « a été fraîchement accueillie par les organisations syndicales qui disent que par rapport au mur d'inflation qu'on rencontre, ça reste très faible », a indiqué à l'AFP Stéphane Chérigié, de la CFE-Energie. Les syndicats du secteur réclament une meilleure prise en compte de l'inflation et doivent décider d'ici vendredi d'entériner ou non un accord.
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