Le Brexit profite au tourisme britannique

Par Jean-Christophe Catalon  |   |  419  mots
Le nombre de visiteurs étrangers au Royaume-Uni a augmenté de 5% au moins d'août et de 8% au total depuis janvier pour atteindre 27 millions de personnes. (Crédits : CLODAGH KILCOYNE)
Depuis le référendum de 2016, la monnaie britannique a connu une forte dépréciation, rendant un séjour au Royaume-Uni plus abordable pour les touristes étrangers.

Depuis le vote du Brexit, en juin 2016, le portefeuille des ménages fait grise mine, pas celui des acteurs du tourisme. Ce n'est évidemment pas la météo qui attire les visiteurs, mais la chute de la livre sterling, résultat de l'incertitude sur les relations futures entre Britanniques et Européens. Auparavant perçu comme dispendieux, un séjour dans les contrées de Sa Majesté est devenu plus abordable.

Des données publiées la semaine passée par l'Office national des statistiques (équivalent de l'Insee outre-Manche) révèlent ce dynamisme. Le nombre de visiteurs étrangers au Royaume-Uni a augmenté de 5% au mois d'août et de 8% au total depuis janvier pour atteindre 27 millions de personnes.

Les touristes étrangers ont dépensé 10% de plus depuis janvier

La monnaie britannique a connu une forte dépréciation depuis la deuxième moitié de 2016, dont une chute abrupte la semaine du référendum sur la sortie de l'UE. En janvier dernier, la livre a atteint son plus bas depuis cinq ans à 1,20 dollar. Deux ans et demi plus tôt, en juillet 2014, elle atteignait son plus haut à 1,72 dollar.

Cette baisse n'a pas échappé aux touristes, qui ont décidé de profiter de leur pouvoir d'achat. Toujours selon l'Office national des statistiques, les visiteurs étrangers ont dépensé 2,8 milliards de livres (3,2 milliards d'euros) au mois d'août, soit une hausse de 3% par rapport à l'année précédente à la même époque. Depuis janvier, ils ont déboursé 26,4 milliards de livres (29,8 milliards d'euros), soit +10%.

(Aujourd'hui la livre sterling tend à se stabiliser autour de 1,30 dollar, en attendant l'avancée des négociations entre Britanniques et Européens. Sources : Office national des statistiques.)

3% d'inflation

La dépréciation de la livre est en revanche une mauvaise nouvelle pour le reste de l'économie britannique, car, en augmentant le coût des importations, elle crée de l'inflation. La hausse des prix a atteint 3% en septembre, son plus haut niveau depuis cinq ans.

Le coup est dur à encaisser pour les ménages. Ils doivent désormais débourser plus de 400 livres supplémentaires par an pour se nourrir et se loger, selon les calculs du Centre for Economic Performance (CEP), un centre de recherche rattaché à la London School of Economics.

La Banque d'Angleterre a été forcée de réagir en relevant ses taux d'intérêt pour la première fois en dix ans. L'objectif est de reprendre le contrôle de la monnaie, et tant pis pour les touristes.