Brexit : jusqu'à 75.000 pertes d'emplois dans la finance, selon la Banque d'Angleterre

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L'Union européenne pourrait imposer des règles de relocalisation, notamment sur la compensation de milliards d'euros de dérivés libellés en euro.
L'Union européenne pourrait imposer des règles de relocalisation, notamment sur la compensation de milliards d'euros de dérivés libellés en euro. (Crédits : Max Rossi)
La banque centrale britannique estime le coût d'une sortie de l'UE sans accord à 75.000 postes dans les services financiers, selon la BBC. Ce serait son "scénario raisonnable".

Quel sera le coût du Brexit pour le Royaume-Uni et Londres en particulier ? La Banque d'Angleterre anticipe jusqu'à 75.000 suppressions d'emplois dans la finance après la sortie de l'Union européenne, rapporte ce mardi la BBC. Ces chiffres seraient considérés comme "un scénario raisonnable" à la banque centrale britannique, "en particulier s'il n'y a pas d'accord spécifique sur les services financiers", précise le site du groupe audiovisuel public.

Cette évaluation pourrait varier en fonction des relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union européenne après le Brexit effectif, qui doit intervenir fin mars 2019. La Banque d'Angleterre avait demandé aux différentes banques et institutions financières de lui transmettre leurs plans de rechange en cas de "hard Brexit", c'est-à-dire de perte du "passeport européen" qui permet à de nombreux secteurs, notamment  les services financiers, d'accéder au marché unique.

En outre, l'Union européenne pourrait imposer des règles de relocalisation, notamment sur la compensation de milliards d'euros de dérivés libellés en euro.

Des chiffres fluctuants

De nombreuses études ont tenté d'évaluer l'impact en pertes d'emploi du Brexit, allant de 30.000 à l'institut Bruegel à 75.000 chez Oliver Wyman. Xavier Rolet, le patron du London Stocke Exchange (LSE), sur le départ, avait déclaré que 100.000 jobs pourraient être perdus. Même avec ces coupes dans les effectifs, Londres resterait le plus grand centre financier d'Europe avec plus d'un million de professionnels employés dans la finance à Londres et sa région.

Jusqu'ici les annonces de relocalisation d'emploi ont été assez modestes. La première banque européenne HSBC a évalué à un millier (maximum) le nombre d'emplois qu'elle déplacerait à Paris. Deutsche Bank a estimé à 4.000 le retour des emplois de Londres à Francfort. JP Morgan avait évoqué 4.000 transferts de postes potentiels avant le référendum, puis ramené ce chiffre à 1.000 environ. Le parton de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a récemment déclaré sur Twitter qu'il allait passer "de plus en plus de temps" à Francfort. Cependant, il a souligné lundi sur le réseau social que la banque d'affaires américaine continuait d'investir à Londres dans son nouveau QG, qu'il "s'attend à/espère" remplir, en fonction de l'issue des discussions sur le Brexit.

In London. GS still investing in our big new Euro headquarters here. Expecting/hoping to fill it up, but so much outside our control.#Brexit pic.twitter.com/XwrIcqwM1t

— Lloyd Blankfein (@lloydblankfein) 30 octobre 2017

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Commentaires
a écrit le 31/10/2017 à 13:42 :
" Dans un récent article, j’ai exposé le scénario de ce que pourrait être la fin de l’euro. C’est ce que j’appelle la «sortie furtive de l’euro» [ Art. du 25 oct. 2017 : https://www.upr.fr/…/sortie-furtive-de-leuro-vincent-brouss…. ]

Comme la fin de l’euro a un caractère inéluctable, plusieurs lecteurs se sont demandé si un Frexit était bien nécessaire, et s’il ne valait pas mieux attendre tout simplement que la situation se dénoue d’elle-même.
C’est d’ailleurs la position très politicienne de certains partis ou responsables prétendus « souverainistes », qui préfèrent se retrancher derrière l’inéluctabilité de l’autodestruction de l’euro pour ne pas proposer aux Français d’en sortir, tout en critiquant vertement les effets de la monnaie européenne. En maintenant ainsi un flou délibéré sur leur projet vis-à-vis de l’euro, ils espèrent jouer sur tous les tableaux afin de rassembler les électeurs hostiles à l’euro et ceux qui souhaitent y rester.

Cette grosse ficelle politicarde constitue cependant une grave erreur d’analyse. Car ce que méconnaissent tous ceux qui s’y livrent, c’est que la France a tout intérêt à quitter l’euro le plus tôt possible, sans attendre la fin du processus. J’en avais d’ailleurs déjà parlé.
Le scénario de la sortie furtive ....... "

== " POURQUOI LE FREXIT EST-IL SI URGENT ? ",
Un nouvel article de Vincent Brousseau, responsable national de l'UPR pour les questions monétaires et l'adoption du franc à retrouver sur le site UPR.fr

https://www.upr.fr/actual…/…/frexit-urgent-vincent-brousseau
a écrit le 31/10/2017 à 11:14 :
Les emplois dans la finance sont majoritairement bien payés, il y aura donc pas mal de pertes d'emplois induits aussi (500000 ?) en plus des pertes d'emplois directs...
Réponse de le 31/10/2017 à 16:33 :
@bruno_bd: les nouvelles technologies avaient prevues des compressions de poste. Cela ira donc un peu plus vite. Cela dit, le Royaume-Uni est une vraie democratie et je ne me fais aucun souci sur son avenir :-)
Réponse de le 02/11/2017 à 15:12 :
Peut être, mais si l'activité financière déserte en partie le Royaume-Uni les suppressions de postes iront bien au delà du seul effet des technologies...
a écrit le 31/10/2017 à 9:36 :
Heureux anglais qui voguent vers leur liberté. Mais bon, de part la situation géo stratégique de l’Angleterre qui est au carrefour des câbles de communication sous marins internationaux il est évident que la finance va tout faire pour imposer un recul du RU sur le brexit aussi anti-démocratique possible qu'il soit, ce n'est pas ça qui lui fait peur à notre oligarchie européenne, au contraire.

"Il n'y a pas d'alternative démocratique aux traités européens." Juncker
Réponse de le 02/11/2017 à 15:15 :
Mouais... les "heureux anglais" ont chichement accordé leur soutien à la capitaine qui devait les mener vers les radieux horizons de la "liberté" (ou vers l'abîme). Quant aux câbles sous-marins, en cas de besoin ça se déplace... vers l'Irlande ou l'Espagne.
Réponse de le 10/11/2017 à 16:00 :
"qui devait les mener vers les radieux horizons de la "liberté""

"Le Royaume-Uni se prépare à une hausse inédite du salaire minimum" https://www.lesechos.fr/29/03/2016/lesechos.fr/021802899269_le-royaume-uni-se-prepare-a-une-hausse-inedite-du-salaire-minimum.htm

"La Banque d'Angleterre relève ses taux pour la première fois depuis dix ans " https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030816692696-la-banque-dangleterre-releve-ses-taux-pour-la-premiere-fois-depuis-dix-ans-2126930.php

"Uber perd le procès du travail indépendant au Royaume-Uni" https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030816692696-la-banque-dangleterre-releve-ses-taux-pour-la-premiere-fois-depuis-dix-ans-2126930.php

Ben j'attends vosl iens pour contrer lesm iens hein, je n'en met que trois parce que vous pouvez parfaitement aller les chercher.

Allez maintenant, adieu hein !

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