Plastiques 2005 se prépare pour la reprise

Le plasturgiste s'est retiré de l'automobile et a nettoyé son portefeuille clients pour mieux résister à la crise.

Cette année, Plastiques 2005, installé en Touraine à Savigné-sur-Lathan (Indre-et-Loire), devrait réaliser 11,5 millions d'euros de chiffre d'affaires contre 14 millions en 2008. Cette décroissance n'est pourtant pas signe de crise. « Au contraire, explique Brice Collier, PDG de cette société de 100 salariés, nous allons gagner plus d'argent que l'an passé. Nous avons pour cela décidé de nous séparer de certains clients. » Le portefeuille a été réduit à 80 clients, dont 40 importants, mais dont aucun ne dépasse les 15 % du chiffre d'affaires. Le plasturgiste, qui travaillait en particulier pour Valeo, a ainsi décidé de se retirer totalement du secteur automobile, mais aussi d'abandonner des clients « sensibles » (dont l'un représentait 1 million d'euros d'activité) ou mauvais payeurs. Aujourd'hui, Plastiques 2005 travaille dans l'agroalimentaire, l'électroménager, l'outillage avec des clients comme Facom ou Royal Canin.

La PME, rachetée en 2003 par Brice Collier à son père qui l'avait créée en 1973, se retrouve ainsi allégée, mais plus en forme que nombre de plasturgistes. Pour surmonter des caps difficiles qui se dessinaient déjà il y a quelques années, le chef d'entreprise a aussi « monté la gamme ». L'entreprise dispose d'un bureau d'études capable de réaliser le cahier des charges des clients tout en offrant des prestations complètes. « Dans la plasturgie, la sous-traitance est morte si elle ne propose que la simple production de pièces par injection. Il faut passer à la vitesse supérieure, devenir cotraitant et proposer des services annexes », insiste le PDG. Plastiques 2005 conçoit ainsi des produits, les fabrique tout en proposant de l'assemblage de pièces achetées à l'étranger, mais aussi du conditionnement, de la logistique, de la préparation de commandes. « Pour un client, nous sommes un guichet unique, c'est une vraie valeur ajoutée », se félicite Brice Collier.

baisse des coûts

Pourtant, face à la concurrence, la PME doit baisser ses coûts. C'est ainsi qu'elle a décidé de sous-traiter la fabrication des moules (certains peuvent coûter jusqu'à 100.000 euros) au Portugal ou en Asie ce qui permet des gains de 25 %. Mais la réussite de Plastiques 2005 tient aussi dans le partenariat avec sept autres entreprises réunies dans le GIE « Alliance Plasturgie ». Depuis dix ans, ce groupement d'indépendants du Grand Ouest permet de mutualiser des charges, de grouper des achats, de réduire des coûts, de mettre en commun des techniques pour intervenir dans toute la chaîne de la plasturgie. « Nous faisons du business sans être concurrents, explique Brice Collier, le groupement est un outil de réactivité et de productivité. » Sans être touché par la crise, Plastiques 2005 en ressent aujourd'hui les effets collatéraux : « Les banques ne jouent plus leur rôle de crédit-relais, ce sont les fournisseurs qui prennent les risques des banquiers. » Mais Brice Collier veut déjà être prêt pour la reprise car « après le grand sommeil, la demande sera sans doute forte avec des risques d'engorgement. Il faudra donc réagir au quart de tour ». n

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