ACS tente de se relancer

Lâché par son actionnaire britannique, l'équipementier automobile a trouvé des investisseurs et mobilisé personnel, clients et fournisseurs. Histoire d'un sauvetage en cours.
(Crédits : DR)

Poitou-Charentes/Automobile

Pour ACS, la fin de l'année dernière et la première moitié de 2009 ont été pour le moins périlleuses. Qu'on en juge : plus de maison mère (le groupe britannique Wagon Automotive) emportée par la crise en décembre 2008 ; plus de dirigeants ; plus d'argent dans les caisses? Bref, la trêve des confiseurs a un goût plutôt amer à l'usine ACS de Bressuire (Deux-Sèvres). Mais fort heureusement, si la situation paraît désespérée pour cet équipementier automobile (systèmes d'occultation intégrés comme les stores, galeries coulissantes et portages, rails de sièges en aluminium, baies vitrées), il a un carnet de commandes à honorer. L'équipe de management de Bressuire ? les directeurs industriel, financier, des achats, des ressources humaines et l'actuel président, Jean-Luc Baley ? décide de se retrousser les manches. « À l'époque, le constat était le suivant : on avait du personnel, des usines, des produits, des clients et des fournisseurs », se souvient Jean-Luc Baley.

Début janvier 2009, le site des Deux-Sèvres est rebaptisé ACS, nom d'une division de Wagon, tandis que la nouvelle direction s'engage dans une course contre la montre faisant le tour des clients, des fournisseurs et des pouvoirs publics. « Il fallait également redonner espoir aux salariés », explique Jean-Luc Baley. Les dirigeants se fixent quatre objectifs : éviter le dépôt de bilan ; faire coïncider l'entité économique et l'entité juridique ; conserver la confiance et la motivation des salariés ; et trouver un investisseur pour refinancer l'entreprise à long terme.

Le soutien de PSA

Première bonne nouvelle, PSA, un des gros clients, assure ACS de son soutien. Pour apporter des liquidités, certains clients vont accepter d'anticiper leurs règlements. Côté fournisseurs, la quasi-totalité renouvelle sa confiance et s'engage à « ne pas modifier les conditions de paiement ». Pendant toute cette période de flou, la production continue. Le personnel reste mobilisé.

À l'époque de Wagon Automotive, l'usine de Bressuire travaillait avec quatre autres entités, installées en Chine, Espagne, Roumanie et Allemagne. Si l'unité de Shanghai dépendait du même holding que celui de Bressuire, il n'en allait pas de même des autres. Alors que le site allemand décide de faire cavalier seul dès l'annonce de la liquidation du groupe britannique, ACS reprend l'usine roumaine pour 1 euro symbolique. Pendant toute la première moitié de l'année, les recherches de nouveaux investisseurs se poursuivent. Mais la direction d'ACS pose quatre conditions : avoir l'aval des clients et l'adhésion des salariés, offrir une solidité financière, assurer la pérennité de l'entreprise.

En septembre dernier, le choix se porte sur un joint-venture, RS Automotive BV, détenu à 65 % par Value Enhancement Partners (VEP), fonds d'investissement néerlandais, et à 35 % par le groupe espagnol CIE. Le financier a injecté 3,1 millions dans l'affaire, hors l'achat de l'usine espagnole. Aujourd'hui, remis en ordre de marche et alors que le secteur automobile se porte mieux, le groupe ACS emploie 500 personnes pour un chiffre d'affaires 2009 estimé à 66 millions d'euros. n

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