Chine et Inde vont intensifier leur lutte mondiale pour rafler mines et métaux

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En 2010, les pays émergents ont réalisé 43 % des rachats du secteur. Ernst & Young juge que la Chine et l'Inde domineront ces fusions en 2011.

Dans les mines et les métaux, un choc des titans est inéluctable en 2011. Selon le responsable de ce secteur pour le consultant Ernst & Young, Michael Lynch-Bell, « la Chine et l'Inde domineront les fusions acquisitions dans ce domaine cette année ». Et leur compétition visant à assouvir leur gargantuesque appétit ne fera que se renforcer à moyen terme, a prévenu l'expert dans un entretien à « La Tribune ». Dans un contexte international effervescent ? la valeur des fusions acquisitions dans les mines et métaux a bondi de 89 % en 2010 à 113,7 milliards de dollars ? l'Empire du Milieu est tombé de son piédestal de 2009 pour être relégué au quatrième rang des acquéreurs. La Chine a réalisé 123 acquisitions, soit 29 % de plus qu'en 2009, dont 57 à l'étranger. Mais leur valeur a reculé de 20 % à 12,8 milliards de dollars.

En 2010, les entreprises les plus voraces étaient, dans l'ordre, originaires du Canada, de l'Australie et du Brésil. Au total, 43 % des rachats ont été réalisés par des sociétés des pays émergents, responsables de plus de la moitié des vingt plus grosses opérations de rapprochement. « Le fait marquant de 2010 est que l'Inde, jusque là plutôt calme sur le front des acquisitions, se soit rapprochée de la Chine », affirme Michael Lynch-Bell. Alors que ses besoins sont immenses, notamment en charbon, le sous-continent s'est hissé de la quatorzième à la septième place du classement 2010 d'Ernst & Young, avec 6,6 milliards de dollars de rachats réalisés, soit 5 % du volume annuel mondial.

Ambitions en Afrique

Outre les besoins liés à leur vertigineuse croissance économique, « la Chine et l'Inde s'imposeront dans les fusions acquisitions en 2011 car leur tolérance au risque est plus élevée que celle des autres pays. Ils investissent très facilement dans des endroits comme l'Indonésie ou le Zimbabwe où leurs concurrents se montrent plus hésitants », remarque Michael Lynch-Bell.

Les industriels chinois sont appuyés par de puissantes banques publiques, qui financent leurs projets. « Cela leur donne un avantage indéniable mais il ne faut pas oublier que les multinationales indiennes sont souvent des conglomérats, aux compétences diversifiées dans la finance, ce qui a tendance à réduire l'écart compétitif avec la Chine », constate l'analyste. Pour l'heure, l'Inde « accuse des années de retard » en matière d'acquisitions par rapport à la Chine », juge Michael Lynch-Bell. Mais le gouvernement indien veut débloquer 1.000 milliards de dollars pour renforcer les infrastructures de son pays et pousse ses champions nationaux à bourse délier.

« De larges conglomérats comme Essar, Vedanta, Tata et Jindals, ainsi que la société publique Coal India vont accélérer leurs achats internationaux », promet le directeur de Ernst & Young en Inde pour les transactions du secteur, Mudit Parashar. Pour la Chine et l'Inde, l'Afrique constituera un véritable champ de bataille. Sur le continent noir, les deux géants asiatiques croiseront le fer avec leurs concurrents latino-américains dont les transactions ont bondi de 97 %, à 24 milliards de dollars en 2010. D'ici à cinq ans, le colosse minier brésilien Vale compte investir entre 15 et 20 milliards de dollars en Afrique, essentiellement au Mozambique, en Zambie, en Guinée et au Libéria.

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