Aéronautique russe : les industriels français sont devenus des partenaires clés

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Les droits de douane sur les pièces détachées restent le principal problème.

Etroitement associés à la réussite du SuperJet 100, les industriels français sont des partenaires clé pour l'industrie aéronautique russe... même s'ils sont restés à l'écart du programme du MS-21 d'Irkout. L'un des rares français à tirer son épingle du jeu a été Zodiac, qui a remporté l'appel d'offre sur la cabine de l'appareil. « Les Russes ont préféré varier les partenaires et se sont plutôt tournés vers les américains pour ce projet », analyse Elisabeth Dallo, chef de la mission de la coopération internationale de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), qui emmenait la délégation française à Oulia-novsk. Elle s'est entretenue avec les dirigeants qui comptent dans l'industrie russe, dont le patron d'OAK, Mikhaïl Pogossian et le vice-ministre des Transports, Valeri Okoulov.

Selon Elisabeth Dallo, le principal sujet abordé a été le problème des droits de douane, qui occasionne un surcoût de l'ordre de 20 % à 40 % sur les pièces détachées d'appareils réalisés dans le cadre d'une coopération internationale comme le SuperJet 100. « Cela dissuade fortement les acheteurs potentiels » de cet appareil. « Les dirigeants de l'industrie aéronautique russe sont sur la même longueur d'onde que nous, mais nous avons en face la Direction des douanes russe. Il faut un arbitrage au plus haut niveau. »

Blocages multiples

Safran est doublement concerné par cette question puisque sa filiale Turbomeca envisage de monter une usine en Russie pour assembler les turbines d'hélicoptères des modèles russes Kamov 226 et 62. « Nous avons déjà signé des accords avec Kamov pour la remotorisation de ces modèles, explique le directeur de Safran pour la Russie, Marc Sorel. Nous attendons maintenant des engagements et des investissements de nos partenaires russes », conclu-t-il. De son côté, Thales, qui a conçu une partie de l'avionique du SuperJet et démarré des coopérations militaires, se sent bloqué dans un troisième segment : celui de la gestion de l'espace aérien. L'électronicien a proposé à Moscou de l'aider à moderniser le système de navigation aérienne russe, en formant les aiguilleurs et en fournissant des équipements de dernier cri et enfin en cogérant l'exploitation. Mais, « Thales se heurte à Almaz Antei, la société qui monopolise la gestion du ciel russe », explique Elisabeth Dallo.

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