Ces destinations qui profitent de l'effondrement touristique du Maghreb

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Les voyagistes français ont observé en mars une explosion des réservations vers les Baléares, les Canaries, la Grèce..., pendant que l'Afrique du Nord s'effondre.

L'attentat jeudi dernier de Marrakech a aggravé la situation. Il va accentuer la dégringolade du tourisme dans les pays du Maghreb observé depuis le début du printemps arabe et renforcer au contraire d'autres destinations. Les chiffres des réservations effectuées en mars chez les tour-opérateurs français membres du Ceto (une organisation qui regroupe la quasi-totalité du secteur) sont en effet éloquents.

Pendant que le Maroc, la Tunisie et l'Egypte sont en chute libre (respectivement - 40 %, - 80 % et - 88 %), les destinations « soleil » européennes affichent au contraire des croissances vertigineuses : + 70 % pour les Canaries, + 52 % pour les Baléares, + 33 % pour la Grèce, + 32 % pour la Sardaigne et la Sicile.

Des croissances exceptionnelles alors que les réservations pour l'ensemble des destinations moyen-courriers sont en baisse de 23 %, en raison du poids des pays d'Afrique du Nord, très fréquentés en temps normal par la clientèle française.

Un été déterminant

Pour autant, si les « destinations gagnantes » peuvent absorber, en partie, la chute des déplacements dans le Maghreb pendant les périodes de basse ou de moyenne saison, il n'en sera pas ainsi pendant les mois de juillet et d'août. « Car ces destinations dites gagnantes, qui ont déjà leur marché naturel, n'auront pas pendant cette période les capacités hôtelières suffisantes [pour tout absorber, Ndlr] », explique le président du Ceto, René-Marc Chikli. D'autant plus que les voyagistes français sont en concurrence avec leurs homologues européens.

Aussi, rien n'est encore définitivement joué pour la Tunisie, le Maroc ou l'Egypte cet été, malgré la chute d'aujourd'hui.

Le vacancier va-t-il coûte que coûte choisir une autre destination ? Se rendra-t-il tout de même en Afrique du Nord pour profiter de la baisse des prix ? Ou bien restera-t-il tout simplement en France sans passer par un voyagiste ? Autant d'incertitudes qui inquiètent les professionnels. « Nous avons perdu à fin mars toute l'avance que nous avions prise cet hiver. Les perspectives sont très noires », admet René-Marc Chikli. De novembre à fin mars, le nombre de départs n'a progressé que de 0,8 %.

 

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