Audiovisuel public : comment France 3 et France Bleu Occitanie amorcent un rapprochement

Florine Galéron

france 3
Rémi Benoit

Florine Galéron

france 3
Rémi Benoit
"Il s'agit de se rapprocher de France Bleu sans refaire l'ORTF", assure d'emblée Carlos Bélinchon, directeur de France 3 Midi-Pyrénées lors de la conférence de rentrée du 11 septembre dernier de la chaîne. La principale nouveauté de la grille cette saison réside dans le lancement "d'ici la fin de l'année", d'une matinale commune avec France Bleu.
Régie de France 3 à Toulouse (Crédit : Rémi Benoit).
Les équipes de la télé et de la radio régionale commencent tout juste à se rencontrer pour ajuster les détails de cette expérimentation : faut-il des images de off pour illustrer les reportages radio ? Quel habillage employer lors de la diffusion de titres audio ? L'Occitanie est la première région en France avec PACA à tester le rapprochement voulu par le gouvernement dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public. Le 19 juillet dernier, le Premier ministre Édouard Philippe a exprimé le souhait de "tripler les programmes régionaux de France 3" via notamment "des coopérations plus étroites avec France Bleu".
Plateau de la matinale de France 3 à Toulouse (Crédit : Rémi Benoit).
Côté radio, Magalie Lacombe, journaliste à France Bleu Occitanie syndiquée SNJ note : "À ce stade, nous avons très peu d'informations sur cette expérimentation, ce n'est pas une situation confortable. Nous savons juste que des caméras vont être installées dans nos studios, en somme de la radio filmée. En théorie, cela ne doit rien changer. Mais en pratique, cela risque d'impacter notre travail. Par exemple, en studio, le présentateur doit faire des gestes aux techniciens pour envoyer des sons. On ne s'appuie pas sur un prompteur comme en télé mais on lit nos textes sur ordinateur..."
Du côté de la télé, "les équipes ne sont pas vent debout contre cette expérimentation, à condition bien sûr qu'on ne déshabille pas le vaisseau amiral destiné au journal du 19/20 afin de fournir des effectifs pour la matinale", souligne François Ollier, délégué SNJ au sein de France 3 Midi-Pyrénées.
En revanche, Chantal Frémy, déléguée syndicale CGT à Toulouse s'inquiète du fait que ce ne soit que "le premier étage de la fusée" :
Locaux de France 3 à Toulouse (Crédits : Rémi Benoit).
France 3 Midi-Pyrénées compte actuellement 135 journalistes (sur un effectif total de 350 personnes). "Alors qu'à l'échelle nationale, la télé régionale a perdu 2 000 postes depuis 2008, la masse salariale est plutôt en hausse. Pour opérer des restructurations, des postes de cadres ont été créés. En Occitanie, l'effectif est plutôt stable du fait des requalifications de CDD en CDI à la suite d'une procédure aux prud'hommes", précise Chantal Frémy.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
De son côté, France Bleu Occitanie recense seulement 8 journalistes au sein d'une équipe d'une trentaine de personnes. "Nous n'avons que deux à trois reporters chaque jour pour couvrir 7 départements de l'ex-région Midi-Pyrénées, fait remarquer Magalie Lacombe. Même si avec France 3, nous partageons une ligne éditoriale axée sur l'information locale et que nous nous adressons parfois aux mêmes personnes, en comparant les effectifs, on voit bien qu'on est sur deux modèles très différents".
Florine Galéron