Quand le téléphone mobile décroche
Robert Jules
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Certains indicateurs en disent souvent plus long sur l'état de nos sociétés que de savantes analyses macro-économiques. Ainsi, en est-il du téléphone mobile. En Chine, où la population s'enrichit - certains beaucoup plus rapidement que d'autres -, le mobile fait partie de ces signes extérieurs de prospérité qu'il faut posséder. Il n'est donc pas étonnant qu'Apple ait fait un carton avec son iPhone 5 dont il a annoncé avoir écoulé quelque 2 millions d'exemplaires le week-end dernier, le premier de sa mise en vente en République populaire. Les Chinois, après les Européens et les Américains, sont friands d'objets cultes.
Le téléphone mobile n'est d'ailleurs pas qu'un signe de distinction mais aussi un outil nécessaire dans une économie en pleine expansion grâce aux divers et précieux services d'information qu'il fournit. Rien que pour le troisième trimestre, 60 millions de smartphones ont été mis en vente sur le marché chinois. D'ailleurs, ce sont plutôt les appareils opérant sous système Google, moins chers, qui ont vu leur domination s'accroître avec une part de marché passant de 82,8% au deuxième trimestre 2012 à 90,1% au troisième trimestre. Celle d'Apple affichant à peine 4,2%, mais en Chine c'est beaucoup...
Boom chinois et déprime espagnole : près d'un demi-million de lignes téléphoniques mobiles pour le seul mois d'octobre ont été suspendues de l'autre coté des Pyrénées. Ce chiffre fourni par la Commission du marché des télécommunications (CMT) espagnole fait apparaître un mouvement massif de désabonnement jusque là inédit. Movistar, l'opérateur de Telefonica, a annoncé pour le seul mois d'octobre 284.290 fermetures de lignes et Vodafone 278.000. La même CMT avait indiqué il y a quelques mois qu'au cours du premier semestre 2012, 1.112.308 lignes de mobiles avaient été suspendues, en précisant que le phénomène touchait autant des particuliers que des entreprises.
Evidemment, ce désabonnement massif est à mettre au compte de la profonde crise économique que traverse l'Espagne, qu'illustre un indicateur emblématique, le chômage chez les moins de 24 ans qui touche 1 jeune sur deux. L'Espagne s'appauvrit, contrainte de s'imposer une cure d'austérité sous la pression européenne, et elle n'en finit pas de digérer l'éclatement d'une bulle immobilière qui a laissé un secteur bancaire imprudent exsangue.
Robert Jules