Le paradoxe de la coopération entre banques centrales

Harold James
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La récente annonce surprise de la Réserve fédérale américaine, relative à son intention de maintenir le rythme actuel de ses politiques de relance monétaire, illustre le débat actuel sur le caractère souhaitable ou non de la coopération entre les banques centrales. Bien que la décision de la Fed de poursuivre ses achats massifs d'actifs à long terme (fameuse politique d'assouplissement quantitatif) ait été principalement motivée par l'incertitude du contexte économique domestique, la crainte de voir la fin de cette politique entraîner la montée en flèche des taux d'intérêt au sein des économies émergentes - et notamment au Brésil, en Inde, en Indonésie, en Afrique du Sud et en Turquie - a fait apparaître une pression supplémentaire non négligeable. Pour autant, les organes décisionnels des banques centrales devraient-ils être tenus responsables des retombées négatives des politiques monétaires adoptées ?
Le débat autour de la coopération entre les différentes banques centrales s'est bien souvent axé sur une seule et unique expérience historique, dans le cadre de laquelle la coopération avait dans un premier temps semblé prometteuse, pour se révéler par la suite un désastre. Cette expérience, qui fonde nombre de recommandations de prudence dans le monde moderne, n'est autre que la Grande Dépression.
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Au cours de la deuxième moitié de la décennie 1920, la tension transatlantique était quasi-constante, la politique monétaire américaine augmentant les coûts de l'emprunt et ralentissant la croissance du PIB en Europe. En 1927, lors d'une réunion secrète tenue à Long Island, à New York, les principales banques centrales européennes persuadèrent la Fed d'abaisser son taux d'escompte. Si cette démarche permit de stabiliser à court terme les conditions européennes du crédit, elle fit en même temps gonfler la bulle spéculative qui allait exploser en 1929.
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