Antoine Raymond, le fédérateur
Marie-Annick Depagneux
Marie-Annick Depagneux
« Ce n'est pas une obligation. Nous perpétuons volontiers cette tradition. Et la lettre A offre un grand choix », s'amuse Antoine Raymond, 52 ans, patron de ARaymond, groupe familial à 100 %. Tous les descendants, filles et garçons, d'Albert-Pierre Raymond, le fondateur, portent un prénom commençant par A.
Une façon d'honorer l'ancêtre qui a fait naître l'entreprise grenobloise autour d'un brevet de bouton-pression pour la ganterie, socle, 150 ans plus tard, d'un portefeuille de 1 200 brevets actifs. Un anniversaire célébré en 2015, avec en ligne de mire le franchissement du milliard d'euros de chiffre d'affaires (contre 930 millions en 2014, dont 86 % à l'international).
Ses systèmes de fixation technique, l'ETI, forte de 6 000 salariés, les vend maintenant à l'industrie automobile : 90 % de son activité. Elle fraie aussi son chemin dans le solaire, la santé, l'agriculture, etc. Sa fibre innovante fait d'elle un redoutable challenger des conglomérats américains Alcoa et ITW. Elle-même a pris pied outre-Atlantique en s'offrant Tinnerman, en 2009, seule acquisition significative du groupe enclin à la croissance organique.
Antoine Raymond, « personnalité discrète, accessible et sachant donner du temps aux autres », selon Jean Vaylet, président de la CCI de Grenoble, incarne la cinquième génération. Il a rejoint l'affaire en 1987, appelé par son père Alain souhaitant préparer sa succession voulue en 1998.
Il partage cette gérance avec son frère, Alain-François (dit François) ou encore Jean-Yves Renoux, extérieur à la famille.
« Toutefois, j'ai le dernier mot. Je suis le gérant prépondérant », spécifie Antoine Raymond. Patron, donc. Mais d'une organisation qu'il veut collaborative.
Il n'y a plus aujourd'hui de patron des patrons des sociétés européennes, par exemple. Et 300 collaborateurs ont été formés, sur quatre ans, à partir de 2008-2009, au « servant leadership », un management basé sur l'écoute et une représentativité plus forte des métiers de terrain (opérateurs dans les ateliers) pour libérer les talents.
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La feuille de route 2016-2020 « aura surtout une connotation culturelle », promet Antoine Raymond, également président de l'Udimec (métallurgie) de l'Isère. Ce futur plan stratégique prendra la relève de « Raymotion 2.0 », « réalisé avec succès ». Entre 2013 et 2015, l'équipementier aura investi 300 millions d'euros dans l'édification ou l'agrandissement de 14 sites industriels :
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De même ARaymond demeure attaché à ses racines grenobloises et se dote, à Saint-Égrève (Isère), d'une nouvelle usine, opérationnelle d'ici à la fin de l'année. Un ancrage local, essentiel pour les territoires.
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