Rémi Rochon, l'idéaliste
Françoise Sigot
Françoise Sigot
Avec un père dirigeant une société concevant des dispositifs permettant aux aveugles et malvoyants de se déplacer plus facilement, rien de plus logique que de voir Rémi Rochon reprendre le flambeau. D'ailleurs, après le bac, il intègre l'IAE de Lyon et décroche un master en entrepreneuriat. Mais, dans la famille Rochon, il y a trois frères, et pas un tiraillement pour savoir qui reprendra l'affaire familiale.
En cette fin des années 2000, les regards sont tournés vers l'aîné qui entreprend une carrière artistique. « J'avais le choix entre le handicap et la musique, j'ai choisi la musique », lance Rémi Rochon.
Pendant cinq ans, l'un des frères compose et interprète, un autre monte une véritable entreprise pour propulser l'artiste au plus haut niveau. Avec succès. En parallèle, Rémi assiste son père pour structurer la société familiale.
La situation satisfait tout le monde. Aussi, lorsque le créateur d'EO Guidage décide de prendre sa retraite, il ne sollicite pas ses fils. Sauf Rémi, pour monter un dossier à présenter à de potentiels repreneurs.
C'était sans compter sur quelques événements survenus à cette époque. D'abord l'arrivée d'un premier enfant chez Rémi, ensuite la fin des études de Martin, le benjamin, et, pour finir, cette collaboration avec Sylvain, l'ami sollicité pour travailler sur la vente.
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« Nous nous sommes associés pour monter un dossier de reprise, nous positionnant comme de vrais acheteurs. Nous avons prévenu mon père. Il nous a laissé les manettes de la société pour vérifier que nous étions les mieux armés pour reprendre », retrace Rémi Rochon qui se retrouve à la tête d'une structure qui emploie dix personnes et affiche 1,8 million d'euros de chiffre d'affaires.
L'aventure, que Rémi Rochon décrit comme « l'histoire d'une bande de jeunes idéalistes qui a créé la boîte dans laquelle ils ont envie de bosser », est bel est bien lancée, sans rien renier des valeurs et défis d'origine. « Nous avons créé 35 emplois en quatre ans », résume-t-il.
Parmi ses salariés, 15 % de personnes porteuses de handicaps, mais aussi deux collaborateurs qui, lorsqu'ils ont intégré EO Guidage en stage, ne maîtrisaient que quelques mots de français. Pour tous, la même ambition :
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En quatre ans, il a structuré un groupe - dont le chiffre d'affaires s'est établi l'an dernier à 6,5 millions d'euros - « en étant très à l'écoute et avec l'accompagnement de nombreux partenaires », souligne-t-il. La recette ?
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