Pour lutter contre l'échec scolaire, il faut agir dès les premiers temps de la scolarité
Robert Bourvis
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On ne souligne pas assez que, si le décrochage se révèle brutalement lors de la fin de la scolarité obligatoire à 16 ans, il trouve souvent ses racines dès les débuts des premières années d'apprentissage. Absence de maîtrise de la lecture en fin de CP (cours préparatoire), absence de maîtrise des savoirs de base en maths en fin de CE1. Ces manques vont non seulement rendre le parcours de l'enfant difficile, mais surtout ils vont créer un déficit de motivation et de confiance en soi qui rendra le travail des enseignants quasi-impossible. C'est une véritable "programmation" de l'échec futur.
Autre facteur trop souvent oublié. Il n'y a aucune fatalité : à l'exception d'un petit nombre qui nécessite des prises en charge médicales ou psychologiques, presque tous les enfants ont les capacités pour réussir à l'école. Cependant, certains enfants, dits fragiles, ont besoin d'un soutien adapté, dédié, en plus du temps de la classe : or, certains enfants ne trouvent pas le soir, à la maison, ce soutien nécessaire. Une étude réalisée en 2013 par le Boston Consulting Group le confirme : "il est maintenant largement admis que le décrochage se joue au moins autant dans la famille qu'à l'école."
Bien entendu, l'école reste le lieu premier de la réussite scolaire et tout doit être fait pour améliorer ce qui se joue pendant le temps de la classe. Mais agir sur les comportements et les cultures familiales d'une part, mener cette action dès les premiers temps de la scolarité d'autre part, c'est se doter d'un levier efficace pour obtenir des progrès considérables.
Lire aussi : Réussite scolaire : quelles clés pour agir ?
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C'est ce que démontre le dispositif Coup de Pouce Clé (Clubs de lecture et d'écriture). Agissant en étroite collaboration avec les enseignants, il apporte un soutien spécifique à des enfants scolarisés au CP, âgés de 6 à 7 ans repérés par leurs maîtres comme fragiles dans les apprentissages pour une seule raison : ils ne trouvent pas le soir à la maison le complément au temps de la classe dont ils ont besoin.
Robert Bourvis
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