Blockchain : "Une technologie qui amène des changements fondamentaux"
Elise Moreau

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Laurent Cerino/ADE
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Laurent Cerino/ADE
La blockchain est apparue avec les crypto-monnaies, au lendemain de la crise économique de 2008.
"C'est une base de données indélébile, immuable", poursuit l'étudiant. Dès qu'une information entre dans la blockchain, elle est en quelque sorte "gravée dans le marbre numérique", ajoute Olivier Alirol, directeur général de Blue-Horizon.io., une plate-forme d'échange de connaissances.
La blockchain repose sur quatre piliers : la décentralisation des données, la sécurité via la cryptographie, la transparence et l'autonomie.
A chaque nouvelle information inscrite, l'ensemble de la chaîne est recalculée et cryptée afin de garantir l'authenticité des données, ce qui génère par ailleurs une consommation toujours plus grande d'énergie.
Certains voient la blockchain comme la prochaine révolution technologique, d'autres comme la cause d'une transformation radicale de notre environnement socio-économique. Pour Jean-Philippe Rennard, économiste et informaticien, doyen du corps professoral à Grenoble École de Management, ses applications sont innombrables : "Son potentiel est absolument énorme. On est face à une technologie qui n'est pas encore mûre."
Jean-Michel Mis, Jean-Philippe Rennard et Olivier Alirol. (crédits: Laurent Cerino/ADE)
Une analyse partagée par Jean-Michel Mis, député de la Loire, co-rapporteur de la mission d'information sur les blocs de chaînes et vice-président de la commission cyberdéfense et souveraineté numérique de l'Assemblée nationale :
La blockchain est aussi perçue comme une opportunité pour les pays en voie de développement de réaliser un bon en avant, à l'image de ce qui s'est passé avec l'arrivée de la téléphonie mobile :
Marc de Beaucorps confirme que cet outil informatique "offre la possibilité d'une multitude de nouveaux business modèles." Les entreprises commencent d'ailleurs à comprendre son intérêt pour la traçabilité et l'intégrité de leurs données.
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L'émergence de cette nouvelle économie, dite disruptée, suscite pourtant des craintes dans le milieu bancaire. Le cours des crypto-monnaies varient de façon totalement anarchique.
"La blockchain ne doit pas être considérée comme l'ennemi du système bancaire. Les banques doivent au contraire se saisir de cet outil", tempère Jean-Philippe Rennard. Les premières applications concrètes sont d'ailleurs en train d'arriver : "La Banque de France s'apprête à utiliser la blockchain pour gérer les virements SEPA", explique Jean-Michel Mis.
Jean-Michel Mis (crédits : Laurent Cerino/ADE)
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Certains voient dans la blockchain une plate-forme de financement du Darknet ou des réseaux terroristes. "Oui, il y a des dérives", admet Jean-Philippe Rennard. "De la même manière qu'il y a des dérives dans l'utilisation des billets de 500 euros. Ce qui est condamnable, c'est l'usage que l'on fait, pas l'outil en tant que tel. Ne faisons pas d'amalgame", ajoute l'économiste.
Pour beaucoup, l'outil numérique pose aussi un problème de gouvernance, de droit et de protection de la vie privée :
(crédits : Laurent Cerino/ADE)
Elise Moreau