Laurent Berger : "Il faut renouer avec les territoires"
Elise Moreau

Laurent Berger
Laurent Cerino/ADE
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Laurent Berger
Laurent Cerino/ADE
La grève perlée à la SNCF n'a-t-elle pas fait déshonneur au travail ? A cette première question volontairement provocatrice de Denis Lafay, Laurent Berger s'agace : "Le populisme n'est pas loin quand on commence à jeter l'opprobre sur les cheminots", prévient le secrétaire général du syndicat réputé le plus réformiste de France.
Laurent Berger (photo : Laurent Cerino/ADE)
C'est l'absence de concertation qui mène selon lui au conflit : "Pourquoi toujours rejeter la responsabilité sur les salariés ? Je dis souvent qu'une entreprise a les syndicats qu'elle mérite !"
Laurent Berger est revenu sur l'action d'Emmanuel Macron et la volonté du gouvernement de réformer à tout-va :
Et de mettre en garde le gouvernement : "Ce n'est pas l'accumulation des réformes qui vaut efficacité des réformes. Et en ce qui concerne la formation professionnelle notamment, nous verrons dans deux ou trois ans si les entreprises jouent le jeu."
Dans son ouvrage "Au boulot", le nouvel homme fort de la CFDT revendique la construction d'un dialogue économique et social de haut niveau avec le gouvernement et le patronat.
Une vision partagée par René Ricol, fondateur du cabinet Ricol Lasteyrie, membre du réseau EY. Il accompagne les directions générales de grands groupes, d'ETI et de start-up sur des sujets stratégiques et financiers. "On ne peut être que d'accord avec ce livre", estime-t-il. L'expert-comptable et commissaire aux comptes considère cependant que Laurent Berger sous-estime l'impact du "tout financier".
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Les deux hommes adhèrent aux propositions du rapport Senard-Notat destiné à mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans les entreprises.
Pour Laurent Berger, "le projet de loi Pacte est pour l'instant très en deça des propositions du rapport Senard-Notat. Si cela reste en l'état, ce sera une belle occasion manquée."
Ces deux déçus du mandat de Pierre Gattaz attendent beaucoup de l'élection au Medef. Elle opposera le 3 juillet prochain Alexandre Saubot à Geoffroy Roux de Bézieux. Avec un impératif : "Renouer avec les territoires et y porter des projets", affirme avec conviction Laurent Berger.
René Ricol (photo : Laurent Cerino/ADE)
Le fondateur du cabinet Ricol Lasteyrie voudrait mettre fin à l'éternel clivage entre patrons et salariés. Une ambition louable mais qui semble inatteignable tant la question de la rémunération des dirigeants, parfois abusive, divise.
Pour Laurent Berger, au contraire, "il faut poser des limites et légiférer car l'autorégulation ne fonctionne pas. Il y a un problème évident de partage de la richesse dans les entreprises."
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A un an des élections européennes, le leader de la CFDT redoute en effet la percée de l'extrême-droite : "Le repli sur soi guette tous les acteurs, syndicats et organisations patronales. Nous avons un message fort à porter : celle d'une Europe modèle de paix et de justice sociale", estime Laurent Berger.
(photo : Laurent Cerino/ADE)
Elise Moreau