"L'entreprise doit faire preuve d'empathie et de reconnaissance"
Maeva Melano

Changement
Laurent Cerino/ADE
Maeva Melano

Changement
Laurent Cerino/ADE
La volatilité et la complexité du monde actuel révèlent des horizons de prédictibilité de plus en plus courts. Il s'agit désormais d'être agile, "plastique". Pour Joël Tronchon, directeur du développement durable du groupe Seb, les changements se jouent à plusieurs niveaux :
Avec le digital, de nouveaux concurrents émergent et les attentes des consommateurs évoluent.
Parallèlement, les compétences sont caduques de plus en plus vite, car les tendances et les produits changent en permanence. Il faut adapter son organisation pour qu'elle soit "apprenante". Comment apprendre à apprendre ? Le digital change le contenu même du travail.
Le philosophe Bruno Roche, qui intervient depuis de nombreuses années auprès des entreprises, pointe, quant à lui, trois disruptions en cours.
Une disruption de notre géographie mentale - nous ne pensons plus du tout de la même manière qu'il y a 25 ans - ; une disruption écologique - nous avons conscience d'avoir lancé le monde dans une direction dont nous doutons de plus en plus de la signification - et une disruption technologique - à travers la digitalisation de nos activités et de notre rapport au monde.
Et de souligner qu'une révolution se caractérise quand tous les éléments d'une activité sont affectés. Irrémédiablement, cela remet en cause le mode opératoire des entreprises.
Dans ce contexte, Joël Tronchon prévient contre une maladie qui peut se répandre : le "bougisme".
Joël Tronchon abonde en ce sens.
Pour le directeur, le premier moteur des salariés en France est la reconnaissance de son manager, avant même l'intérêt du travail.
Pour le philosophe, il faut aussi pouvoir se projeter et donner du sens.
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Selon lui, il faudrait aussi encourager la pluralité des voix : les salariés doivent pouvoir défendre leurs convictions. Pour être crédible, le dirigeant doit par ailleurs faire preuve d'exemplarité, que ce soit au niveau de la rémunération ou du comportement au quotidien.
Pour le dirigeant, se sont les prérequis pour construire une relation sincère avec les salariés : ne pas rester dans du déclaratif en placardant des chartes et des vœux sur les murs.
En guise de conclusion, Bruno Roche invite à partager plus largement la vision stratégique de l'entreprise.
Maeva Melano