"La Tribune ne traite pas l'information des territoires depuis Paris"

Florine Galéron

la tribune
Rémi Benoit

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Rémi Benoit
C'est une nouvelle page qui s'ouvre pour la rédaction de La Tribune à Toulouse. "Il y a 10 ans naissait Objectif News, en partant d'un constat d'un vrai manque d'actualité économique locale. Quand Jean-Christophe Tortora (le président de la Tribune, ndlr) a repris il y a sept ans le journal, il avait la volonté de faire un vrai pas de côté par rapport au quotidien Les Échos en mettant les acteurs économiques et de la transformation des territoires au cœur de la ligne éditoriale. La Tribune ne traite pas l'information depuis Paris. Aujourd'hui, nous sommes 85 collaborateurs et 37 pigistes. Le média est rentable et renoue même avec la croissance", s'est félicitée Aziliz de Veyrinas, vice-présidente associée en charge du développement de La Tribune vendredi 15 février à Toulouse à l'occasion d'un événement organisée pour le lancement de la nouvelle formule de l'hebdomadaire.
Anthony Rey, rédacteur en chef et Aziliz de Veyrinas, vice-présidente associée en charge du développement de La Tribune (Crédits : Rémi Benoit).
Le journal économique inaugure ainsi un format berlinois (grand format) avec un premier cahier consacré aux transformations globales de l'économie et un deuxième supplément qui offrira chaque semaine une sélection d'articles en régions, qu'il s'agisse de projets de développement ou d'infrastructures, d'histoires d'entreprises ou de portraits d'acteurs. "C'est une spécificité unique dans la presse économique de disposer de ce réseau de rédactions décentralisées avec une connaissance fine des écosystèmes locaux. Cela peut être des entreprises médiatiques mais aussi celles qui le sont moins et qui passent souvent en-dessous des radars des autres grands médias", a ajouté de son côté Anthony Rey, rédacteur en chef des équipes en Occitanie.
La nouvelle formule de La Tribune./ (Crédits : Rémi Benoit).
Quatre fois par an, un supplément entièrement consacré à un focus toulousain sera disponible en kiosque. Le prochain à paraître, le 22 mars, sera consacré à l'intelligence artificielle alors que Toulouse veut décrocher son 3AI (institut interdisciplinaire d'intelligence artificielle). "C'est un beau projet pour lequel les entreprises, les universités, les collectivités territoriales et l'État, nous allons tous ensemble travailler", a fait remarquer le préfet de Région Étienne Guyot.
En plus de miser sur l'IA hybride, la particularité de la candidature toulousaine est de mettre l'accent sur la certification des algorithmes.
Pour remporter le label, la Ville rose peut compter sur des compétences aiguisées dans ce domaine. "Nous avons l'un des leaders mondiaux de l'internet des objets (Sigfox, ndlr) et beaucoup de laboratoires de recherche dont les finalités d'usage sont le secteur des transports (aéronautique, spatial, automobile)", a souligné Laurent Gerin, vice-président de CGI.
Débat autour de l'intelligence artificielle./ (Crédits : Rémi Benoit).
Les entreprises de la filière des transports planchent aussi de leur côté sur les applications de l'IA. Air France/KLM dispose de son principal centre informatique dédié à la data à Toulouse avec 150 ingénieurs. Ils préparent les données qui sont ensuite utilisées pour de l'analyse prédictive.
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Les collectivités s'y mettent aussi. Le vice-président de Toulouse Métropole en charge du numérique, Bertrand Serp, cite l'exemple d'"un chatbot qui répond aux questions des citoyens sur le site de Toulouse". "Nous lançons aussi un nouvel outil : IAdata qui verra le jour dans deux à trois ans. Il agrègera les données de la collectivité mais aussi des grands groupes", a-t-il annoncé.
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En cas d'obtention de l'institut d'intelligence artificielle, Toulouse va encore plus développer ses compétences. "Il est prévu de doubler le nombre d'étudiants maîtrisant l'IA à l'horizon 2023, avec 8 000 nouvelles personnes formées chaque année", rappelle Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie en charge du Développement économique, de la recherche, de l'innovation et de l'enseignement supérieur.
Florine Galéron